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Grandeur et décadence des Romains : politique des Romains; dialogue de Sylla et d'Eucrate; Lysimaque et Pensées; lettres persanes et temple de Gnide / par Montesquieu
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CHAPITRE XI.

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vernement qui demandait la protection d’un de ses ci-toyens.

Je crois que ce qui perdit surtout Pompée fut la hontequ’il eut de penser qu’en élevant César comme il avait fait,il eût manqué de prévoyance. Il s’accoutuma le plus tardqu’il put à cette idée, il ne se mettait point en défense,pour ne point avouer qu’il se fût mis en danger; il soute-nait au sénat que César n’oserait faire la guerre ; et parcequ’il l’avait dit tant de fois, il le redisait toujours.

Il semble qu’une chose avait mis César en état de toutentreprendre : c’est que, par une malheureuse confor-mité de noms, on avait joint à son gouvernement de laGaule cisalpine celui de la Gaule d’au delà les Alpes.

La politique n’avait point permis qu’il y eût des arméesauprès de Rome ; mais elle n’avait pas souffert non plusque l’Italie fût entièrement dégarnie de troupes : cela fitqu’on tint des forces considérables dans la Gaule cisalpine,c’est-à-dire dans le pays qui est depuis le Rubicon, petitfleuve de la Romagne, jusqu’aux Alpes. Mais, pour as-surer la ville de Rome contre ces troupes, on fit le célèbresénatus-consulte que l’on voit encore gravé sur le che-min de Rimini à Césène, par lequel on dévouait aux dieuxinfernaux, et l’on déclarait sacrilège et parricide, quicon-que , avec une légion, avec une armée, ou avec une co-horte , passerait le Rubicon.

A un gouvernement si important qui tenait la ville enéchec, on en joignit un autre plus considérable encore :c’était celui de la Gaule transalpine, qui comprenait lespays du midi de la France, qui, ayant donné à Césarl’occasion de faire la guerre pendant plusieurs années àtous les peuples qu’il voulut, fit que ses soldats vieilli-rent avec lui, et qu’il ne les conquit pas moins que les