CHAPITRE XI.
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tirés avec Scipiou et Caton en Afrique '. Ainsi un folamour lui fit essuyer quatre guerres ; et, en ne prévenantpas les deux dernières, il remit en question ce qui avaitété décidé à Pharsale.
César gouverna d’abord sous des titres de magistra-ture , car les hommes ne sont guère touchés que des noms.Et comme les peuples d’Asie abhorraient ceux de consulet de proconsul, les peuples d’Europe détestaient celui deroi : de sorte que, dans ces temps-là, ces noms faisaientle bonheur ou le désespoir de la terre. César ne laissa pasde tenter de se faire mettre le diadème sur la tête ; maisvoyant que le peuple cessait ses acclamations, il le rejeta.Il fit encore d’autres tentatives 2 ; et je ne puis comprendrequ’il pût croire que les Romains, pour le souffrir tyran,aimassent pour cela la tyrannie, ou crussent avoir fait cequ’ils avaient fait.
Un jour que le sénat lui déférait de certains honneurs,il négligea de se lever; et pour lors les plus graves de cecorps achevèrent de perdre patience.
On n’offense jamais plus les hommes que lorsqu’onchoque leurs cérémonies et leurs usages. Cherchez à lesopprimer, c’est quelquefois une preuve de l’estime que vousen faites; choquez leurs coutumes, c’est toujours unemarque de mépris.
César, de tout temps ennemi du sénat, ne put cacher lemépris qu’il conçut pour ce corps, qui était devenu pres-que ridicule depuis qu’il n’avait plus de puissance : par làsa clémence même fut insultante. On regarda qu’il ne par-donnait pas, mais qu’il dédaignait de punir.
Il porta le mépris jusqu’à faire lui-même les sénatus-
1 Lettres familières, Jiv. XV.
2 II cassa les tribuns du peuple.