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Grandeur et décadence des Romains : politique des Romains; dialogue de Sylla et d'Eucrate; Lysimaque et Pensées; lettres persanes et temple de Gnide / par Montesquieu
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CHAPITRE XVI,

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d’accepter la solde même, et voulurent servir à leurs dé-pens.

Les trésors de Persée et ceux de tant d’autres rois, quel’on porta continuellement à Rome, y firent cesser lestributs *. Dans l’opulence publique et particulière , oneut la sagesse de ne point augmenter la paye de cinq onces'de cuivre.

Quoique sur cette paye on fît une déduction pour leblé, les habits et les armes, elle fut suffisante, parce qu’onn’enrôlait que les citoyens qui avaient un patrimoine.

Marius ayant enrôlé des gens qui n’avaient rien, etson exemple ayant été suivi, César fut obligé d’augmen-ter la paye.

Cette augmentation ayant été continuée après la mortde César, on fut contraint, sous le consulat de Hirtius etde Pansa, de rétablir les tributs.

Là faiblesse de Domitien lui ayant fait augmenter cettepaye d’un quart, il fit une grande plaie à l’État, dont lemalheur rfest pas que le luxe y règne, mais qu’il règnedans des conditions qui, par la nature des choses, nedoivent avoir que le nécessaire physique. Enfin, Cara-calla ayant fait une nouvelle augmentation, l’empire futmis dans cet état que, ne pouvant subsister sans les sol-dats , il ne pouvait subsister avec eux.

Caracalla, pour diminuer l’horreur du meurtre de sonfrère, le mit au rang des dieux ; et ce qu’il y a de singu-lier, c’est que cela lui fut exactement rendu par Macrin ,qui, après l’avoir fait poignarder, voulant apaiser lessoldats prétoriens, désespérés de la mort de ce prince quileur avait tant donné, lui fit bâtir un temple, et y établitdes prêtres flamines en son honneur.

1 Cicéron, des Offices, liv. II.