122 GRANDEUR ET DÉCADENCE DES ROMAINS,
sans un concours heureux de circonstances qui le rele-vèrent.
Odenat, prince dePalrnyre, allié des Romains, chassales Perses, qui avaient envahi presque toute l’Asie. Laville de Rome fit une armée de ses citoyens, qui écarta lesbarbares qui venaient la piller. Une armée innombrablede Scythes, qui passaient la mer avec six mille vaisseaux,périt par les naufrages, la misère, la faim, et sa gran-deur même. Et Gai lien ayant été tué, Claude, Aurélien,Tacite et Probus, quatre grands hommes qui, par ungrand bonheur, se succédèrent, rétablirent l’empire prêt àpérir.
CHAPITRE XVII.
Changement dans l’État.
Pour prévenir les trahisons continuelles des soldats, lesempereurs s’associèrent des personnes en qui ils avaientconfiance; et Dioclétien, sous prétexte de la grandeur desaffaires, régla qu’il y aurait toujours deux empereurs etdeux Césars. Il jugea que les quatre principales arméesétant occupées par ceux qui auraient part à l’empire,elles s’intimideraient les unes les autres; que les autresarmées n’étant pas assez fortes pour entreprendre de faireleur chef empereur, elles perdraient peu à peu la coutumed’élire;et qu’enfin la dignité de César étant toujours su-bordonnée , la puissance, partagée entre quatre pour lasûreté du gouvernement, ne serait pourtant dans toute sonétendue qu’entre les mains de deux.
Mais ce qui contint encore plus les gens de guerre, c’estque les richesses des particuliers et la fortune publiqueayant diminué, les empereurs ne purent plus leur faire