124 GRANDEUR ET DÉCADENCE DES ROMAINS,
tion de cette sorte de gens qui ne peuvent servir l’État, nisouffrir qu’on le serve avec gloire \
Enfin cette affabilité des premiers empereurs, qui seulepouvait leur donner le moyen de connaître leurs affaires,fut entièrement bannie. Le prince ne sut plus rien que surle rapport de quelques confidents, qui, toujours de con-cert, souvent même lorsqu’ils semblaient être d’opinioncontraire, ne faisaient auprès de lui que l’office d’un seul.
Le séjour de plusieurs empereurs en Asie, et leur perpé-tuelle rivalité avec les rois de Perse, firent qu’ils voulurentêtre adorés comme eux ; et Dioclétien, d’autres disent Ga-lère , l’ordonna par un édit.
Ce faste et cette pompe asiatique s’établissant, les yeuxs’y accoutumèrent d’abord; et, lorsque Julien voulut met-tre delà simplicité et de la modestie dans ses manières,on appela oubli de la dignité ce qui n’était que la mémoiredes anciennes mœurs.
Quoique depuis Marc-Aurèle il y eût eu plusieurs em-pereurs , il n’y avait eu qu’un empire ; et l’autorité de tousétant reconnue dans la province, c’était une puissanceunique exercée par plusieursMais Galère et Constance Chlore n’ayant pu s’accorder,ils partagèrent réellement l’empire 2 ; et par cet exemple,qui fut suivi dans la suite par Constantin, qui prit le plande Galère et non pas celui de Dioclétien, il s’introduisitune coutume qui fut moins un changement qu’une révo-lution.
De plus, l’envie qu’eut Constantin de faire une villenouvelle, la vanité de lui donner son nom, le déterminé-
1 Voyez ce que les auteurs nous disent de la cour de Constantin, deValens, etc.
* Voyez Oroze, liv. VII; et Àurélius Victor.