CHAPITRE XIX.
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nit donc avec Attila. Les deux empires, comme enchaînéspar ces deux princes, n’osaient se secourir. La situationde celui d’Occîdent fut surtout déplorable : il n’avait pointde forces de mer; elles étaient toutes en Orient en Égypte,Chypre, Phénicie, Ionie, Grèce, seuls pays où il y eûtalors quelque commerce. Les Vandales et d’autres peu-ples attaquaient partout les côtes d’Occident. Il vint uneambassade des Italiens à Constantinople, dit Priscus 1 2 ,pour faire savoir qu’il était impossible que les affaires sesoutinssent sans une réconciliation avec les Vandales.
Ceux qui gouvernaient en Occident ne manquèrent pasde politique : ils jugèrent qu’il fallait sauver l’Italie, quiétait en quelque façon la tête et en quelque façon le cœurde l’empire. On fit passer les barbares aux extrémités, eton les y plaça. Le dessein était bien conçu, il fut bienexécuté. Ces nations ne demandaient que la subsistance :on leur donnait les plaines ; on se réservait les pays mon-tagneux , les passages des rivières, les défilés, les placessur les grands fleuves ; on gardait la souveraineté. Il y aapparence que ces peuples auraient été forcés de devenirRomains; et la facilité avec laquelle ces destructeurs fu-rent eux-mêmes détruits par les Francs, par les Grecs, parles Maures, justifie assez cette pensée. Tout ce systèmefut renversé par une révolution plus fatale que toutes lesautres : l’armée d’Italie, composée d’étrangers, exigea cequ’on avait accordé à des nations plus étrangères encore;elle forma sous Odoacer une aristocratie qui se donna letiers des terres de l’Italie; et ce fut le coup mortel porté àcet empire.
Parmi tant de malheurs on cherche avec une curiosité
1 Cela parut surtout dans la guerre de Constantin et de Licinius.
2 PriscüSjMv. II.