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Grandeur et décadence des Romains : politique des Romains; dialogue de Sylla et d'Eucrate; Lysimaque et Pensées; lettres persanes et temple de Gnide / par Montesquieu
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CHAPITRE XXII.

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fut établie, les ecclésiastiques, qui étaient plus séparés desaffaires du monde, s’en mêlèrent avec modération ; maislorsque, dans la décadence de l’empire, les moines furent leseul clergé, ces gens, destinés par une profession plusparticulière à fuir et à craindre les affaires, embrassèrenttoutes les occasions qui purent leur y donner part ; ils necessèrent de faire du bruit partout, et d’agiter ce mondequ’ils avaient quitté.

Aucune affaire d’État, aucune guerre, aucune trêve,aucune négociation, aucun mariage, ne se traita que parle ministère des moines : les conseils du prince en furentremplis, et les assemblées de la nation presque toutes com-posées.

On ne saurait croire quel mal il en résulta. Ils affaibli-rent l’esprit des princes, et leur firent faire imprudemmentmême les choses bonnes. Pendant que Basile occupait lessoldats de son armée de mer à bâtir une église à saint Mi-chel , il laissa piller la Sicile par les Sarrasins, et prendreSyracuse; et Léon, son successeur, qui employa sa flotteau même usage, leur laissa occuper Tauroménie et file deLemnos r .

Andronic Paléologue abandonna la marine, parce qu’onl’assura que Dieu était si content de son zèle pour la paixde l’Église, que ses ennemis ri’oseraient l’attaquer. Le mêmecraignait que Dieu ne lui demandât compte du temps qu’ilemployait à gouverner son État, et qu’il dérobait aux af-faires spirituelles 2 .

Les Grecs, grands parleurs, grands disputeurs, natu-rellement sophistes, ne cessèrent d’embrouiller la religionpar des controverses. Comme les moines avaient un grand

1 Zonaràs et Nicéphore, Vie de Basile et de Léon.

? Pachymère, liv. VII.