CHAPITRE XXII.
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subtilités, qu’on ne pourrait abolir les duels en établissantdes écoles où l’on raffinerait sur le point d’honneur.
Les empereurs grecs eurent si peu de prudence, que ,quand les disputes furent endormies, ils eurent la rage deles réveiller. Anastase ', Justinien % Héraelius 1 * 3 , ManuelComnène 4 , proposèrent des points de foi à leur clergé età leur peuple, qui auraient méconnu la vérité dans leurbouche quand même ils l’auraient trouvée. Ainsi, péchanttoujours dans la forme, et ordinairement dans le fond,voulant faire voir leur pénétration, qu’ils auraient pu sibien montrer dans tant d’autres affaires qui leur étaientconfiées, ils entreprirent des disputes vaines sur la naturede Dieu, qui, se cachant aux savants parce qu’ils sont or-gueilleux , ne se montre pas mieux aux grands de la terre.
C’est une erreur de croire qu’il y ait dans le monde uneautorité humaine, à tous les égards, despotique ; il n’y ena jamais eu, et il n’y en aura jamais : le pouvoir le plusimmense est toujours borné par quelque coin. Que leGrand Seigneur mette un nouvel impôt à Constantinople,un cri général lui fait d’abord trouver des limites qu’iln’avait pas connues. Un roi de Perse peut bien contrain-dre un fils de tuer son père, ou un père de tuer son fils 5 ;mais obliger ses sujets de boire du vin, il ne le peut pas.11 y a dans chaque nation un esprit généra! sur lequel lapuissance même est fondée : quand elle choque cet esprit,elle se choque elle-même, et elle s’arrête nécessairement.
La source la plus empoisonnée de tous les malheurs desGrecs, c’est qu’ils ne connurent jamais la nature ni les
1 ÉVAORE, Uv. III.
’ Procope, Hist. secrète.
' Zonahas , Vie d y Héraelius.
4 Nïcétas, Fie de Manuel Comnène.
4 Voyez Chardin.
Vô