DANS LA RELIGION.
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interprétés. Il avait dit auparavant qu’on lisait dans leslivres sacrés : Jove tonante et fulgurante, comilia populihabere nefas esse. Cela avait été introduit, dit-il, pourfournir aux magistrats un prétexte de rompre les assem-blées du peuple r . Au reste, il était indifférent que la vic-time qu’on immolait se trouvât de bon ou de mauvais au-gure : car, lorsqu’on n’était pas content de la première,on en immolait une seconde, une troisième, une quatriè-me, qu’on appelait hostiœ succedanœ. Paul Émile, voulantsacrifier, fut obligé d’immoler vingt victimes : les dieux nefurent apaisés qu’à la dernière, dans laquelle on trouva dessignes qui promettaient la victoire. C’est pour cela qu’onavait coutume de dire que, dans les sacrifices, les der-nières victimes valaient toujours mieux que les premières.César ne fut pas si patient que Paul Émile : ayant égorgéplusieurs victimes, dit Suétone 2 , sans en trouver de fa-vorables, il quitta les autels avec mépris, et entra dans lesénat.
Comme les magistrats se trouvaient maîtres des présages,ils avaient un moyen sûr pour détourner le peuple d’uneguerre qui aurait été funeste, ou pour lui en faire entrepren-dre une qui aurait pu être utile. Les devins qui suivaienttoujours les armées, et qui étaient plutôt les interprètes dugénéral que des dieux, inspiraient de la confiance aux sol-dats. Si par hasard quelque mauvais présage avait épou-vanté l’armée, un habile général en convertissait le sens, etse le rendait favorable : ainsi Scipion, qui tomba en sautantde son vaisseau sur le rivage d’Afrique, prit de la terredans ses mains : « Je te tiens, dit-il, ô terre d’Afrique ! »
‘ Hoc reipuhlicæ causa constitutum : comitiorum enim non halen-dorum causas esse voluerunt. { De Dïvinatione. )
2 Plurihus hosliis cæsis , cum litare non posset, iniroiU curiam,spreta religione.(lnJul. chap. lxxxi. )