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Grandeur et décadence des Romains : politique des Romains; dialogue de Sylla et d'Eucrate; Lysimaque et Pensées; lettres persanes et temple de Gnide / par Montesquieu
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DANS LA RELIGION.

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mit Sérapis sont chrétiens, et ceux même qu’on appelleévêques sont attachés au culte de Sérapis. Il n’y a pointde Juif, de prince de synagogue, de samaritain, de prê-tre des chrétiens, de mathématicien, de devin, de bai-gneur, qui n’adore Sérapis. Le patriarche même des Juifsadore indifféremment Sérapis et le Christ. Ces gens n'ontd’autre dieu que Sérapis : c’est le dieu des chrétiens, desJuifs, et de tous les peuples. » Peut-on avoir des idéesplus confuses de ces trois religions, et les confondre plusgrossièrement?

Chez les Égyptiens, les prêtres faisaient un corps àpart, qui était entretenu aux dépens du public : de là nais-saient plusieurs inconvénients ; toutes les richesses de l’É-tat se trouvaient englouties dans une société de gens qui,recevant toujours et ne rendant jamais , attiraient insen-siblement tout à eux. Les prêtres d’Égypte, ainsi gagéspour ne rien faire , languissaient tous dans une oisivetédont ils ne sortaient qu’avec les vices qu’elle produit; ilsétaient brouillons, inquiets, entreprenants, et ces qua-lités les rendaient extrêmement dangereux. Enfin un corpsdont les intérêts avaient été violemment séparés de ceuxde l’Etat était un monstre; et ceux qui l’avaient établiavaient jeté dans la société une semence de discorde etde guerres civiles. Il n’en était pas de même à Rome :on y avait fait de la prêtrise une charge civile ; les dignitésd’augure, de grand pontife, étaient des magistratures ;ceux qui en étaient revêtus étaient membres du sénat, et

non aruspex , non aliptes , qui non Serapin colai . Ipse ille patriarcha(Judœorum scilicet), cum Æpyptum venerit, ab aliis Serapin adorare,ab aliis cogitur Christum. U nus illis de us est Sérapis : hune Judœi,hune christiani, hune omnesvenerantur et gentes. » (Flavius Vopiscus ,inVita S alurnini. Vid. Historiée Augustes scriptores } in-folio, 1620.pag. 245 ; et in-8°, iGGi, pag. 959.)