188 POLITIQUE DES ROMAINS
lui firent sans relâche. Le sénat ordonna d’abattre lestemples des divinités égyptiennes; et Valère Maxime 1rapporte à ce sujet qu’Émilius Probus donna les premierscoups, afin d’encourager par son exemple les ouvriers,frappés d’une crainte superstitieuse.
Mais les prêtres de Sérapis et d’Isis avaient encore plusde zèle pour établir ces cérémonies qu’on n’en avait àRome pour les proscrire. Quoique Auguste, au rapportde Dion 2 , en eût défendu l’exercice dans Rome, Agrippa,qui commandait dans la ville en son absence, fut obligé dele défendre une seconde fois. On peut voir, dans Tacite etdans Suétone, tous les fréquents arrêts que le sénat futobligé de rendre pour bannir ce culte de Rome.
11 faut remarquer que les Romains confondirent lesJuifs avec les Égyptiens, comme on sait qu’ils confondi-rent les chrétiens avec les Juifs : ces deux religions furentlongtemps regardées comme deux branches de la première,et partagèrent avec elle la haine, le mépris et la persécu-tion des Romains. Les mêmes arrêts qui abolirent à Romeles cérémonies égyptiennes mettent toujours les cérémoniesjuives avec celles-ci, comme il paraît par Tacite 3 , et parSuétone dans les vies de Tibère et de Claude. Il est en-core plus clair que les historiens n’ont jamais distinguéle culte des chrétiens d’avec les autres. On n’était pasmême revenu de cette erreur du temps d’Adrien, commeil parait par une lettre que cet empereur écrivit d’Égypteau consul Servianus : « Tous ceux 4 qui en Égypte ado-
1 Liv. ï, chap. m.
2 Liv. XXXIV.
3 Hist. lib, IL '
4 « Illiqui Serapin colunt, christiani sunt ; et devotisunt Serapi,qui se Christi episcopos dicunt. Ncmo illic archisynagogns Judtzormn,nejno Sumarites , nemo christianorum presbyter, non mathcmaticus,