LETTRES PERSANES.
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se mettre dans une balance et se faire peser comme un bœuf,quand je vois les peuples se réjouir de ce que ce prince est de-venu plus matériel, c’est-à-dire moins capable de les gou-verner, j’ai pitié, Ibben, de l’extravagance humaine.
De Paris, le 20 de !a lune de Rhégel), 1713.
XLl. LE PREMIER EUNUQUE NOIR A USBEK.
Ismaël, un de tes eunuques noirs, vient de mourir, magni-fique seigneur ; et je ne puis m’empêcher de le remplacer.Comme les eunuques sont extrêmement rares à présent, j’avaispensé de me servir d’un esclave noir que tu as à la campagne;mais je n’ai pu jusqu’ici le porter à souffrir qu’on le consacrâtà cet emploi. Comme je vois qu’au bout du compte c’est sonavantage, je voulus l’autre jour user à son égard d’un peu derigueur ; et, de concert avec l’intendant de tes jardins, j’ordon-nai que, malgré lui, on le mît en état de te rendre les ser-vices qui flattent le plus ton cœur, et de vivre comme moidans ces redoutables lieux qu’il n’ose pas même regarder : maisil se mit à hurler comme si on avait voulu l’écorcher, et fît tantqu’il échappa de nos mains, et évita le fatal couteau. Je viensd’apprendre qu’il veut t’écrire pour te demander grâce, sou-tenant que je n’ai conçu ce dessein que par un désir insatiablede vengeance sur certaines railleries piquantes qu’il dit avoirfaites de moi.' Cependant je te jure par les cent mille pro-phètes que je n’ai agi que pour le bien de ton service, la seulechose qui me soit chère, et hors laquelle je ne regarde rien.Je me prosterne à tes pieds.
Du sérail de Fatmé, le 7 de la lune de Maharram 1713.
XLIT. PIIARAN A USBEK, SON SOUVERAINSEIGNEUR.
Si tu étais ici, magnifique seigneur, je paraîtrais à ta vuetout couvert de papier blanc ; et il n’y en aurait pas assez en-
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