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Grandeur et décadence des Romains : politique des Romains; dialogue de Sylla et d'Eucrate; Lysimaque et Pensées; lettres persanes et temple de Gnide / par Montesquieu
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LETTRES PERSANES.

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sur elle toute sa puissance que pour indiquer au premier am-bitieux l’endroit où il la trouvera tout entière.

'A Paris, le 17 de la lune de Rebia!) 2, ni7.

CV. USBEK AU MÊME.

Tous les peuples d’Europe ne sont pas également soumis àleurs princes : par exemple, l’humeur impatiente des Anglaisne laisse guère à leur roi le temps d’appesantir son autorité.Ea soumission et l’obéissance sont les vertus dont ils se pi-quent le moins. Ils disent là-dessüs des choses bien extraor-dinaires. Selon eux, il n’y a qu’un lien qui puisse attacherles hommes, qui est celui de la gratitude : un mari, unefemme, un père et un fils, ne sont liés entre eux que par l’a-mour qu’ils se portent, ou par les bienfaits qu’ils se procurent;et ces motifs divers de reconnaissance sontl’origine de tous lesroyaumes et de toutes les sociétés.

Mais si un prince, bien loin de faire vivre ses sujets heu-reux, veut les accabler et les détruire, le fondement de l’ohéis-sance cesse ; rien ne les lie, rien ne les attache à lui ; et ilsrentrent dans leur liberté naturelle. Iis soutiennent que toutpouvoir sans bornes ne saurait être légitime, parce qu’il n’ajamais pu avoir d’origine légitime. Car nous ne pouvons pas,disent-ils, donner à un autre plus de pouvoir/ sur nous quenous n’en avons nous-mêmes : or nous n’avons pas sur nous-mêmes un pouvoir sans bornes ; par exemple, nous ne pou-vons pas nous ôter la vie : personne n’a donc, concluent-ils ,sur la terre un tel pouvoir.

Le crime delèse-majesté n’est autre chose, selon eux, quele crime que le plus faible commet contre le plus fort en lui dés-obéissant, de quelque manière qu’il lui désobéisse. Aussi lepeuple d’Angleterre, quisetrouvale plus fort contre un de leursrois, déclara-t-il que c’était un crime de lèse-majesté à un princede faire la guerre à ses sujets. Ils ont donc grande raisonquand ils disent que le précepte de leur Alcoran, qui ordonne