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LETTRES PERSAKES.
ments. Voilà un précepte qui rend la vie d’un véritablemusulman bien laborieuse. Celui qui a les quatre femmesétablies par la loi, et seulement autant de concubines et d’es-claves , ne doit-il pas être accablé de tant de vêtements?
Vos femmes sont vos labourages, dit encore le prophète;approchez-vous donc de vos labourages : faites du bien pourvos âmes, et vous le trouverez un jour.
Je regarde un bon musulman comme un athlète destiné àcombattre sans relâche, mais qui, bientôt faible et accablé deses premières fatigues, languit dans le champ même de lavictoire, et se trouve pour ainsi dire enseveli sous ses proprestriomphes.
La nature agit toujours avec lenteur, et pour ainsi dire avecépargne : ses opérations ne sont jamais violentes. Jusque dansses productions elle veut de la tempérance ; elle.ne va jamaisqu’avec règle et mesure : si on la précipite, elle tombe bientôtdans la langueur ; elle emploie toute la force qui lui reste à seconserver, perdant absolument sa vertu productrice et sa puis-sance générative.
C’est dans cet état de défaillance que nous met toujours cegrand nombre de femmes , plus propres à nous épuiser qu’ànous satisfaire. 11 est très-ordinaire parmi nous de voir unhomme dans un sérail prodigieux avec un très-petit nom-bre d’enfants ; ces enfants même sont la plupart du temps fai-bles et malsains, et se sentent de la langueur de leur père.
Ce n’est pas tout : ces femmes, obligées à une continenceforcée, ont besoin d’avoir des gens pour les garder, qui ne peu-vent être que des eunuques; la religion, la jalousie, et laraison même, ne permettent pas d’en laisser approcher d’au-tres : ces gardiens doivent être en grand nombre, soit afin demaintenir la tranquillité au dedans parmi les guerres que cesfemmes se font sans cesse, soit enfin pour empêcher les entre-prises du dehors. Ainsi un homme qui a dix femmes ouconcubines n’a pas trop d’autant d’eunuques pour les garder.Mais quelle perte pour la société que ce grand nombre d’hom-