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Grandeur et décadence des Romains : politique des Romains; dialogue de Sylla et d'Eucrate; Lysimaque et Pensées; lettres persanes et temple de Gnide / par Montesquieu
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LETTRES PERSANES.

Mais, comme il y a souvent des années où la chasse et lapêche rendent très-peu, ils sont désolés par des famines fré-quentes ; sans compter qu’il n’y a pas de pays si abondant engibier et en poisson qui puisse donner la subsistance à ungrand peuple, parce que les animaux fuient toujours les en-droits trop habités.

D’ailleurs, les bourgades de sauvages, au nombre de deuxou trois cents habitants, isolées les unes des autres, ayantdes intérêts aussi séparés que ceux de deux empires , ne peu-vent pas se soutenir, parce qu’elles n’ont pas la ressource desgrands États, dont toutes les parties se répondent et se secou-rent mutuellement.

Il y a chez les sauvages une autre coutume qui n’est pasmoins pernicieuse que la première : c’est la cruelle habitudeoù sont les femmes de se faire avorter, afin que leur grossessene les rende pas désagréables à leurs maris.

Il y a ici des lois terribles contre ce désordre, elles vontjusqu’à la fureur. Toute lille qui n’a point été déclarer sa gros-sesse au magistrat est punie de mort si son fruit périt : la pu-deur et la honte , les accidents même, 11e l’excusent jamais.

' A Paris, le 0 de la lune de Rhamazan, 1718 .

CXX 1 I. USBEK AU MÊME.

L’effet ordinaire des colonies est d’affaiblir les pays d’où011 les tire, sans peupler ceux où on les envoie.

Il faut que les hommes restent où ils sont : il y a des mala-dies qui viennent de ce qu’on change un bon air contre unmauvais ; d’autres qui viennent précisément de ce qu’on enchange.

1 L’air se charge, comme les plantes, des particules de laterre de chaque pays. Il agit tellement sur nous, que notretempérament en est fixé. Lorsque nous sommes transportés

1 Cet alinéa se trouve pour la première fois dans le supplément de1754. (P.)