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LETTRES PERSANES.
« une triste et ennuyeuse modestie, nous ordonnons qu’ils« attendront à les marier jusqu'à ce qu’ayant atteint l’âge« limité par les ordonnances, elles viennent à les y contrain-« dre. Défendons à nos magistrats de pourvoir à l’éducation« de leurs enfants. »
A Paris , tel" de ia lune de Chalval, 1718.
CXXVI. RICA A ***.
On est bien embarrassé dans toutes les religions, quandil s’agit de donner une idée des plaisirs qui sont destinés àceux qui ont bien vécu. On épouvante facilement les méchantspar une longue suite de peines dont on les menace ; mais,pour les gens vertueux, on ne sait que leur promettre. 11semble, que la nature des plaisirs soit d’être d’une courte du-rée : l’imagination a peine à en représenter d’autres.
J’ai vu des descriptions du paradis capables d’y faire re-noncer tous les gens de bon sens : les uns font jouer sanscesse de la flûte ces ombres heureuses ; d’autres les condam-nent au supplice de se promener éternellement; d’autres en-fin, qui les font rêver là-haut aux maîtresses d’ici-bas, n’ontpas cru que cent millions d’années fussent un terme assezlong pour leur ôter le goût de ces inquiétudes amoureuses.
Je me souviens à ce propos d’une histoire que j’ai ouï racon-ter à un homme qui avait été dans le pays du Mogol ; elle faitvoir que les prêtres indiens ne sont pas moins stériles que lesautres dans les idées qu’ils ont des plaisirs du paradis.
Une femme qui venait de perdre son mari vint en céré-monie chez le gouverneur de la ville lui demander la permis-sion de se brûler ; mais, comme dans les pays soumis auxmahométans on abolit tant qu’on peut cette cruelle coutume,il la refusa absolument.
Lorsqu'elle vitses prières impuissantes, elle se jeta dans unfurieux emportement. Voyez , disait-elle, comme on est gêné !Il ne sera seulement pas permis à une pauvre femme de se