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Grandeur et décadence des Romains : politique des Romains; dialogue de Sylla et d'Eucrate; Lysimaque et Pensées; lettres persanes et temple de Gnide / par Montesquieu
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LETTRES PERSANES.

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r représente qu’ils 11’ont point manqué , depuis notre avéne-« ment à la couronne, de se trouver à notre lever; que nous« les avons toujours vus sur notre passage, immobiles comme« des bornes, et qu’ils se sont extrêmement élevés pour re-« garder, sur les épaules les plus hautes, notre sérénité. Nous« avons même reçu plusieurs requêtes de la part de quelques« personnes du beau sexe, qui nous ont supplié de faire al-« tention qu’il était notoire qu’elles sont d’un entretien très-« difficile ; quelques-unes même très-surannées nous ont prié,« branlant la tête, de faire attention qu’elles ont fait l’orne-« ment de la cour des rois nos prédécesseurs ; et que, si les« généraux de leurs armées ont rendu l’État redoutable par« leurs faits militaires, elles n’ont point rendu la cour moins« célèbre par leurs intrigues. Ainsi, désirant traiter les sup-« pliants avec bonté, et leur accorder toutes leurs prières,« nous avons ordonné ce qui suit :

« Que tout laboureur ayant cinq enfants retranchera jour-<> nellement la cinquième partie du pain qu’il leur donne. En-« joignons aux pères de famille de faire la diminution sur« chacun d’eux aussijuste que faire se pourra.

« Défendons expressément à tous ceux qui s’appliquent à« la culture de leurs héritages, ou qui les ont donnés à titre« de ferme, d’y faire aucune réparation, de quelque espèce« qu’elle soit.

« Ordonnons que toutes personnes qui s’exercent à des« travaux vils et mécaniques, lesquelles n’ont jamais été« au lever de notre majesté, n’achètent désormais d’habits ,« à eux, à leurs femmes et à leurs enfants, que de quatre« ans en quatre ans ; leur interdisons en outre très-étroite-“ ment ces petites réjouissances qu’ils avaient coutume de« faire, dans leurs familles, les principales fêtes de l’année.

« Et, d’autant que nous demeurons averti que la plupart« des bourgeois de nos bonnes villes sont entièrement occupés« à pourvoir à l’établissement de leurs filles, lesquelles ne se« sont rendues recommandables clans notre État que par