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LETTRES PERSANES.
tle cette sorte de gouvernement, et que l’imagination ne Jes apas servis jusqu’à leur faire comprendre qu’il puisse y en avoirsur la terre d’autre que le despotique.
Les premiers gouvernements du monde furent monarchi-ques : ce ne fut que par hasard et par la succession des sièclesque les républiques se formèrent.
La Grèce ayant été abîmée par un déluge, de nouveaux ha-bitants vinrent la peupler : elle tira presque toutes ses coloniesd’Égypte et des contrées de l’Asie les plus voisines; et, commeces pays étaient gouvernés par des rois, les peuples qui ensortirent furent gouvernés de même. Mais la tyrannie de cesprinces devenant trop pesante, on secoua le joug ; et du débrisde tant de royaumes s’élevèrent ces républiques qui firent sifortfleurir la Grèce, seule polie au milieu des barbares.
L’amour de la liberté, la haine des rois, conserva longtempsla Grèce dans l’indépendance, et étendit au loin le gouvernementrépublicain. Les villes grecques trouvèrent des alliés dansl’Asiemineure : elles y envoyèrent des colonies aussi libres qu’elles,qui leur servirent de remparts contre les entreprises des roisde Perse. Ce n’est pas tout : la Grèce peupla l’Italie ; l’Italie,l’Espagne, et peut-être les Gaules. On sait que cette grandeHespérie, si fameuse chez les anciens, était au commencementla Gr-èce, que ses voisins regardaient comme un séjour de féli-cité : les Grecs, qui ne trouvaient point chez eux ce pays heu-reux, l’allèrent chercher en Italie; ceux de l’Italie, en Espagne;ceux d’Espagne, dans la Bétique ou le Portugal : de manièreque toutes ces régions portèrent ce nom chez les anciens. Cescolonies grecques apportèrent avec elles un esprit de libertéqu’elles avaientpris dans cedoux pays. Ainsi, onne voit guère,dans ces temps reculés, de monarchies dans l’Italie, l'Espa-gne, les Gaules. On verra bientôt que les peuples du nord etd’Allemagne n’étaient pas moins libres; et, si l’on trouve desvestiges de quelque royauté parmi eux, c’est qu’on a pris pourdes rois les chefs des armées ou des républiques.
Tout ceci se passait en Europe; car, pour l’Asie et l’Afrique,,