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LETTRES PERSANES.
in’as confié tes femmes j’ai veillé nuit et jour sur elles ; queje n’ai jamais suspendu un moment le cours de mes inquiétu-des. J’ai commencé mon ministère par les châtiments, et je lesai suspendus sans sortir de mon austérité naturelle.
Mais que dis-je? pourquoi te vanter ici une fidélité qui t’aété inutile? Oublie tous mes services passés; regarde-moicomme un traître, et punis-moi de tous les crimes que je n’aipu empêcher.
Roxane, la superbe Roxane... ô ciel ! à qui se fier désormais ?Tu soupçonnais Zachi, et tu avais pour Roxane une sécuritéentière ; mais sa vertu farouche était une cruelle imposture ;c’était le voile de sa perfidie. Je l’ai surprise dans les bras d’unjeune homme, qui, dès qu’il s’est vu découvert, est venu surmoi; il m’a donné deux coups de poignard. Les eunuques,accourus au bruit, l’ont entouré : il s’est défendu longtemps,en a blessé plusieurs; il voulait même rentrer dans la cham-bre , pour mourir, disait-il, aux yeux de Roxane. Mais enfinil a cédé au nombre, et il est tombé à nos pieds.
Je ne sais si j’attendrai, sublime seigneur, tes ordres sévè-res. Tu as mis ta vengeance en mes mains ; je ne dois pas lafaire languir.
Du sérail d’Ispahan, le 8 de la lune de Rebiab I, 1720.
CLX. SOLIM A USBEK.
A Paris-
J’ai pris mon parti ; tes malheurs vont disparaître : je vaispunir.
Je sens déjà une joie secrète; mon âme et la tienne vonts’apaiser : nous allons exterminer le crime, et l’innocence vapâlir.
O vous qui semblez n’être faites que pour ignorer tous vossens et être indignées de vos désirs mêmes, éternelles victimesde la honte et de la pudeur, que ne puis-je vous faire entrer à