LETTRES PERSANES.
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sentiments de mon cœur. Quand il me prononce le nom decelui que j’aime, je ne sais plus me plaindre : je 11e puis plusque mourir.
J’ai soutenu ton absence, et j’ai conservé mon amour,par la force de mon amour. Les nuits, les jours, les mo-ments , tout a été pour toi. J’étais superbe de mon amourmême; et le tien me faisait respecter ici. Mais à présent...Non, je ne puis plus soutenir l’humiliation où je suis descen-due. Si je suis innocente, reviens pour m’aimer ; reviens, sije suis coupable, pour que j’expire à tes pieds.
Du sérail d’Ispahan, le 2 de la lune de Maharram, 1720.
CLVIII. ZÉLIS A USBEK.
A Paris.
A mille lieues de moi, vous me jugez coupable ! à millelieues de moi, vous me punissez !
Qu’un eunuque barbare porte sur moi ses viles mains , ilagit par votre ordre : c’est le tyran qui m’outrage, et non pascelui qui exerce la tyrannie.
Vous pouvez, à votre fantaise, redoubler vos mauvais trai-tements. Mon cœur est tranquille depuis qu’il ne peut plusvous aimer. Votre âme se dégrade, et vous devenez cruel.Soyez sûr que vous n’êtes point heureux. Adieu.
Du sérail d’Ispahan, le 2 de la lune de Maharram, 1720 .
CLIX. SOLIM A USBEK.
À Paris.
Je me plains, magnifique seigneur, et je te plains : jamaisserviteur fidèle n’est descendu dans l’affreux désespoir où jesuis. Voici tes malheurs et les miens ; je ne t’en écris qu’entremblant.
Je jure, par tous les prophètes du ciel, que depuis que tu