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LE TEMPLE DE GSTDL.
Partout où se trouve la beauté, ou l’adore comme Vénus même;car la beauté est aussi divine qu’elle.
Les cœurs amoureux viennent dans le temple ; ils vont embrasserles autels de la Fidélité et de la Constance.
Ceux qui sont accablés des rigueurs d’une cruelle y viennent sou-pirer : ils sentent diminuer leurs tourments ; ils trouvent dans leurcœur la flatteuse espérance.
La déesse, qui a promis de faire le bonheur des vrais amants, lemesure toujours à leurs peines.
La jalousie est une passion qu’on peut avoir, mais qu’on doit taire.On adore en secret les caprices de sa maîtresse, comme on adoreles décrets des dieux, qui deviennent plus justes lorsqu’on ose s’enplaindre.
On met au rang des faveurs divines le feu, les transports de l’amour,et la fureur même; car moins on est maître de son cœur, plus il està la déesse.
Ceux qui n’ont point donné leur çœur sont des profanes, qui nepeuvent pas entrer dans le temple : ils adressent de loin des vœux àla déesse, et lui demandent de les délivrer de cette liberté qui n’estqu’une impuissance de former des désirs.
La déesse inspire,aux filles de la modestie : cette qualité charmantedonne un nouveau prix à tous les trésors qu’elle cache.
Mais jamais, dans ces lieux fortunés, elles n’ont rougi d’une pas-sion sincère, d’un sentiment naif, d’un aveu tendre.
Le cœur fixe toujours lui-même le moment auquel il doit se rendre ;mais c’est une profanation de se rendre sans aimer.
L’Amour est attentif à la félicité des Gnidiens : il choisit les traitsdont il les blesse. Lorsqu’il voit une amante affligée, accablée des ri-gueurs d’un amant, il prend une flèche trempée dans les eaux dufleuve d’oubli. Quand il voit deux amants qui commencent à s’aimer,il tire sans cesse sur eux de nouveaux traits. Quand il en voit donti’amour s’affaiblit, il le fait soudain renaître ou mourir; car il épar-gne toujours les derniers jours d’une passion languissante : on nepasse point par les dégoûts avant de cesser d’aimer ; mais de plusgrandes douceurs font oublier les moindres.
L’Amour a ôté de son carquois les traits cruels dont il blessa Phè-dre et Ariane, qui, mêlés d’amour et de haine, servent à montrer sapuissance, comme la foudre sert à faire connaître l’empire de Jupiter.