ARSACE ET ISMÉNIE.
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bits de femme, et on crut que j’étais une fille nouvellement achetée,et destinée à la servir.
a J’étais dans ma dix-septième année. On disait que j’avais toutela fraîcheur de la jeunesse, et on me louait sur ma beauté, commesi j’eusse été une fille du palais.
« Ardasire, qui savait que la passion pour la gloire m’avait déter-miné à la quitter, songea à amollir mon courage par toutes sortes demoyens. Je fus mis entre les mains de deux eunuques. On passaitles journées à me parer ; on composait mon teint ; on me baignait ; onversait sur moi les essences les plus délicieuses. Je ne sortais jamaisde la maison ; on m’apprenait à travailler moi-même à ma parure ;et surtout on voulait m’accoutumer, à cette obéissance sous laquelleles femmes sont abattues dans les grands sérails d’Orient.
« J’étais indigné de me voir traité ainsi. Il n’y a rien que je n’eusseosé pour rompre mes chaînes ; mais, me voyant sans armes, entouréde gens qui avaient toujours les yeux sur moi, je ne craignais pasd’entreprendre, mais de manquer mon entreprise. J’espcrais quedans la suite je serais moins soigneusement gardé, que jû pourraiscorrompre quelque esclave, et sortir de ce séjour, ou mourir.
« Je l’avouerai même, uneespècede curiosité de voir le dénouementde tout ceci semblait ralentir mes pensées. Dans la honte, la dou-leur, et la confusion, j’étais surpris de n’en avoir pas davantage.Mon âme formait des projets; ils finissaient tous'par un certain trou-ble; un charme secret, une force inconnue, me retenaient dans cepalais.
« La feinte princesse était toujours voilée, et je n’entendais jamaissa voix. Elle passait presque toute la journée à me regarder par unejalousie pratiquée à ma chambre. Quelquefois elle me faisait venir àson appartement. Là, ses filles chantaient les airs les plus tendres :il me semblait que tout exprimait son amour. Je n’étais jamais assezprès d’elle; elle n’était occupée que de moi; il y avait toujours quel-que chose à raccommoder à ma parure ; elle défaisait mes cheveuxpour les arranger encore; elle n’était jamais contente de ce qu’elleavait fait.
» Un jour ou vint me dire qu’elle me permettait de venir la voir.Je la trouvai sur un sofa de pourpre : ses voiles la couvraient en-core; sa tête était mollement penchée, et elle semblait être dans unedouce langueur. J’approchai, et une de ses femmes me parla ainsi •.« L’amour vous favorise; c’est lui qui sous ce déguisement vous a
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