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Tome I.
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MONUMENTS DU IX e SIÈCLE.

u d’une couleur de pourpre; l’or se liquéfie en lettres;

« les volumes sont vêtus de pierres précieuses. » Cettedernière phrase était d’autant plus applicable à cesplendide volume qu’il est en effet revêtu d’une richecouverture, dont on voit un fragment à gauche et aubas de notre Planche; c’est un travail en filigrane d’ar-gent , surchargé de pierreries, et appliqué sur un fondde cuivre rouge.

PLANCHE 8.

COSTUMES DE FEMMES, YASES ET ORNEMENTSDU IX e SIÈCLE, TIRÉS DE LA BIBLE DE CHARLES II ,DIT LE CHAUVE.

PLANCHE 9.

INSTRUMENTS DE MUSIQUE ET ORNEMENTS(BIBLE DE CHARLES-LE-CHAUVE ).

PLANCHE 10.

VASES ET ORNEMENTS DU IX e SIECLE, TIRÉSDE DEUX MANUSCRITS LATINS.

PLANCHE 41.

DÉTAILS D’ARCHITECTURE, EXTRAITS DE DEUXMANUSCRITS DU IX 0 SIÈCLE.

Tous les objets représentés sur les quatre Planchesdont nous réunissons les titres dans un seul paragra-phe, étant tirés, soit d’un même manuscrit, soit aumoins de manuscrits d’un même siècle, et chaque ob-jet, considéré isolément ne présentant qu’un intérêttrès secondaire , nous confondrons leur descriptiondans un article unique.

Comme il existe à la Bibliothèque Royale plusieursmanuscrits désignés généralement sous le titre de Bi-bles de Charles-le-Chauve , et que M. Willemin paraîtavoir emprunté à tous indistinctement les détails deces quatre Planches, il est nécessaire que nous carac-térisions ces différents manuscrits. Le premier, écritet orné dans l’abbaye de Saint-Martin de Tours par lesmoines de ce monastère, et présenté à Charles-le-Chauve par le comte Vivien, qui en était abbé com-mendataire, date du milieu du ix° siècle. Il provient,comme celui du précédent article, de la Bibliothèquedu chapitre de Saint-Étienne de Metz , qui en fit pré-sent, en 1675, au ministre Colbert , des mains duquelil passa à la Bibliothèque Royale (Bibles,- n° 1). M lecomte de Bastard, qui en a reproduit de magni-fiques spécimens dans le splendide ouvrage qu’il con-sacre à l’illustration des manuscrits français de tousles âges, caractérise le style qui domine dans ce vo-lume par l’épithète de gallo-franc c’est un stylegrave, peu chargé de détails et noble comme l’antique,auquel il se rattache d’ailleurs par de nombreusesimitations. La seconde bible de Charles-le-Chauve est ordinairement distinguée de la précédente par letitre de Bible de Saint-Denis. Ce monastère en avaiten effet la garde depuis le règne de cet empereur,lorsqu’en 1 5 g 5 , sur ce qu’on représenta à Henri IV

que les moines songeaient à s’en défaire, il intervintun arrêt du parlement qui ordonna qu’elle seraitdéposée dans la Bibliothèque Royale, et cet arrêtreçut aussitôt son execution (Bibles; n° 2). C’estd’après ce volume, dont un fameux déprédateur demanuscrits, nommé Jean Ayrnon, enleva, il y a plusd’un siècle, quatorze feuillets, que M. Jorand apublié un important ouvrage intitule : Grammato-graphie de la Bible de Charles-le-Chauve . M. deBastard a appliqué aux ornements de ce volume 1 épi-thète de franco-saxons. Le style de ces ornements dif-fère en effet, d’une manière extrêmement tranchée decelui que nous venons de caractériser; on le reconnaîtde suite à l’exubérance de ses détails bizarres et tour-mentés. Ce ne sont partout qu’entrelacements capri-cieux , que serpents, monstres fantastiques qui s’en-roulent et cherchent a se dévorer. Les ornementsvermiculés, nattés, entortillés de mille manières, do-minent dans les jambages et s’épanouissent aux extré-mités des initiales, que signalent en outre des en-cadrements ponctues, de couleurs variées. Le Livresdheures ou de prières de l’empereur Charles-le-Chauve est souvent aussi qualifié de Bible par les écri-vains qui le citent, ce qui l’a fait pl us d’une fois con-fondre , dans les descriptions , avec les deux volumesdont nous venons de parler. On le trouve souventdésigné par le titre de Bible de Metz , Biblia Metensis ,à cause de son origine. Comme nous avons épuisé cequi le concerne dans l’article précédent, nous y ren-voyons. Les Evangiles de Lothaire , auxquels M. Wil-lemain a également emprunté quelques détails de laPlanche 10, composent un magnifique volume, tran-scrit et orné pour cet empereur dans l’abbaye de Saint-Martin de Tours , et qui était jadis conservé dans l’an-cienne abbaye de Saint-Martin, près Metz , à laquelleLothaire en avait fait présent. Exécutés à la mêmeépoque et sortant des mêmes mains que la Bible dontnous avons parlé en premier lieu, ces Évangiles pré-sentent avec ce dernier volume une similitude con-stante de style et d’ornements, ce qui nous dispensede les caractériser plus amplement.

Les quatre figures de femmes représentées sur laPlanche 8, et dont deux tiennent des volumes reliés,tandis que les deux autres tiennent des rouleaux, sansdoute de vélin teint en bleu ou en pourpre, sont d’unhaut intérêt pour l’histoire du costume féminin aumilieu du ix e siècle. Elles nous apprennent que lesfemmes portaient à cette époque deux tuniques, dontl’une, de dessous, plus étroite et généralement plus lon-gue que celle de dessus, avait des manches justes aupoignet, et formant a cet endroit une multitude deplis. La tunique de dessus avait des manches plus oumoins largement ouvertes, et qui souvent ne dépas-saient pas le coude. De larges bandes ornées bordaientl’ouverture du cou et des manches, le bas de la robe,et dessinaient antérieurement une large suture duhaut en bas. La ceinture, qu’on n’aperçoit pas, étaitplacée au-dessus des hanches. Un voile richementbrodé couvrait la tête, enveloppait les épaules et des-cendait presque jusqu’à terre. La chevelure, qui sedérobait entièrement sous ce voile, ne paraît pas,comme l’usage en vint plus tard, se prolonger en nat-tes d’une longueur démesurée.

Les petits vases, de formes variées, reproduits en têtedelà Planche 8 et de la Planche 10, caractérisent lesmanuscrits gallo-francs du ix e siècle. On les trouvegracieusement employés, dans les compositions d’ar-chitecture, à décorer le cintre des arcades, d’où ils