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BOUDROUN, l’ancienne Halicarnasse , ville de laTurquie d'Asie. Voy. bodroun.
BOUEX1ÈRE (la), village du dép. d’Ille-et-Vilaine,à 19 kit. E. de Rennes ; 1800 hab. Hauts fourneaux
BOÜFFLERS, bourg de l'anc. Picardie (dép. dela Somme), à 13 kil. S. O. d’Abbeville; 300 bab.
BOÜFFLERS (Louis-François de), maréchal deFrance, issu d’une des plus anciennes et des plusnobles familles de Picardie, dont l'origine re-monte au xii' siècle, naquit en 1644, et mourut en1711. Il fut l’élève des Cundé et des Turenne, con-tribua en 1690 à la victoire de Fleurus, prit Fûmesen 1693, et fut fait maréchal cette même année.11 défendit Namur (1695), commanda l’armée deF’iandres en 1702, et se couvrit de gloire par sa dé-fense de Lille (1708), ce qui lui valut le titre de ducet pair. Après la défaite de Malplaquet, il fut chargéde la retraite, et sauva l’armée. — Son (ils, Joseph-Marie de Boufflers, né en 1706, se distingua aussi dansla carrière des armes. Envoyé en 1747 au secours desGénois qu’assiégeaient les Impériaux et le roi deSardaigne, il délivra la ville. 11 mourut à Gênes, cettemême année, de la petite-vérole.
boufflers (Stanislas, chevalier de), célèbre parson esprit, né à Lunéville en 1737, avait pour mèrela marquise de Boufflers (née Beauvais-Craon), femmebelle et spirituelle, qui faisait les honneurs de lacour du roi Stanislas. Destiné d’abord à l’état ecclé-siastique, il y renonça bientôt afin de se livrer à songoût pour le plaisir, et obtint dans lfe monde les plusgrands succès par les agréments de son esprit et desa personne. Il entra au service, fut nommé colonelde hussards en 1772, et maréchal-de-camp en 1784.Ayant épuisé son patrimoine, il se fit nommer gou-verneur du Sénégal (1785) et déploya dans l’admi-nistration des talents qu’on ne lui soupçonnait pas.11 fut à son retour reçu à l’Académie (1788), puisnommé en 1789 député aux états-générauxoù il brillapeu. Il émigra, et nerevinten France qu’en 1800. 11écrivit depuis quelques ouvrages sérieux qui eurentpeu de succès, et mourut à Paris en 1815. Boufflers estsurtout connu par ses poésies légères et par ses contes;on regrette d’y trouver quelquefois trop de licence.Ses principaux ouvrages sont : Aline , reine de Gol-conde, conte, 1761; divers poèmes érotiques, 1763 ;Lettres à sa mère sur son voyage en Suisse, 1770 ; Poé-sies fugitives, 1782; le Libre Arbitre, 1808. Il adonnélui-même ses Œuvres complétés, 1813, 2 vol. in-8.On les a recueillies de nouveau en 1828, 4 vol. in—18.
BOUG, riv. de Russie. Voy. bog.
BOUGAINVILLE (L.-Antoine de), navigateur cé-lèbre, né à Paris en 1729, mort en 1811, quitta l’é-tudo du droit, à laquelle sa famille le destinait, pourla carrière militaire; devint aide-de-camp de Che-vert, puis accompagna le marquis de Montcalm auCanada, se couvrit de gloire dans cette expédition,et obtint le grade de colonel (1759). A la paix, il setourna vers la marine, alla en 1763 occuper les liesMalouines, puis exécuta un voyage autour du monde,le premier de ce genre qu’eût entrepris un Français(1766-69). 11 commanda plusieurs vaisseaux dans laguerre d’Amérique, devint chef d’escadre en 1779,fut chargé en 1790 de commander l’armée navale deBrest; mais n’ayant pu rétablir l’ordre dans celtetroupe indisciplinée, il se retira du service. Il futappelé en 1796 à l’Institut et devint sous l’empirecomte et sénateur. Bougainville a publié, entre autresouvrages, la Relation de son voyage autour du monde,Paris, 1771 et 1772; cet ouvrage a eu un succèsprodigieux. Il a fait un grand nombre de découver-tes géographiques et a laissé son nom à plusieursdes lieux qu’il avait découverts.
Bougainville (Jean-Pierre de), frère aîné du pré-cédent, né à Paris en 1722, mort à Loches en 1763,fut secrétaire de l’Académie des Inscriptions et mem-bre de l’Académie Française. On a de lui une tra-
duction de l’Anti-Lucrice du cardinal de Polignac,2 vol. in-8 ; Parallèle de l'expédition d'Alcxandre-le-Grand dans les Indes avec celle deThamas Kouli-Khan,1752. in-8, et de savants mémoires sur l’antiquité.
BOUGAINVILLE (île), île de l’archipel Salomon,dans la Polynésie, par 152° 30’ long. E., 5° 32’ lat.S. Elle fut découverte en 1768 par Bougainville.
BOUGEANT (Guillaume-Ilyac.), jésuite, né àQuimper en 1690, mort à Paris en 1743, professales humanités à Caen, à Nevers, puis à Paris, aucollège Louis-le-Grand. Il se fit d’abord connaîtrepar un élégant badinage, Amusement philosophiquesur le langage des bêles, 1739, qui lui attira descensures de la part de ses supérieurs; puis, selivrant à des travaux plus sérieux, il rédigea uneHistoire du traité de Westphalie, 1744 et 1751, ou-vrage estimé. Il s’exerça aussi dans la comédie etfit quelques pièces assez spirituelles dirigées contreles adversaires de la bulle Unigenitus,
BOUGIE , en arabe Boudjeiah, en latin Saldœ,ville de l’état d’Alger, sur la Méditerranée, à 177kil. E. d’Alger. Baie, grand port; trois châteaux-forts. Instruments aratoires ; commerce en huile etsurtout en cire : c’est du nom de cette ville quevient le mot bougie. Prise par les Français en 1833.
BOUGIVAL, joli village du dép. de Seine-et-Oise,sur la Seine, à 7 kil. N. de Versailles; 1,000 hab.
BOUGLON, ch.-l. de canton (Lot-et-Garonne), à10 kil. N. de Castel-Jaloux ; 700 hab.
BOUGUER (Pierre), professeur d’hydrographie,membre de l’Académie des Sciences de Paris, de laSociété royale de Londres; né au Croisic en 1698,mort à Paris en 1758. Après avoir remporté plu-sieurs prix sur des questions scientifiques, il futchoisi avec Godin et La Condaminc pour aller auPérou déterminer la figure de la terre, et ce choixlui valut une place de pensionnaire à l’Académie. Ona de lui : De la Mâture des vaisseaux, Paris, 1727,in-4; De la Gradation delà lumière, 1729 et 1760,in-4 ; Méthode d’observer sur mer la hauteur des as-tres, Paris, 1729, in-4; Manière d’observer en merla déclinaison de la boussole, Paris, 1731, in-4; laConstruction du navire, Paris, 1746, in-4; Traité delanavigation, Paris, 1753, in-4. L’ouvrage qui lui fitle plus d’honneur est son Traité de la figure de laterre qu’il publia en commun avec La Condamine àson retour du Pérou, Paris, 1749, in-4.
BOUHIER (Jean), président à mortier au parle-ment de Dijon, membre de l’Académie Française, néà Dijon en 1673, mort en 1746, s’est exercé avecsuccès dans la philologie, la jurisprudence, l’histoireet la poésie. On a de lui la traduction en vers dupoème de Pétrone Sur la guerre civile entre César etPompée, avec les deux épîtres d’Ovide ; des remar-ques et des conjectures sur le poème intitulé : Pervigi-liumVeneris, Amsterd., 1737, in-4; Remarques surles Tusculanes de Cicéron, sur le De natura Deorttm, etdes Lettres sur les Thérapeutes, 1712, in—12 ; desDissertations sur Hérodote, Dijon, 1746, in-4; Surle grand-pontificat des empereurs romains, 1742 ,in-4 ; Explications de quelques marbres antiques ,Aix, 1733; des traités sur la. Dissolution du mariage,sur les Successions , etc. Ses œuvres de jurispru-dence ont été recueillies à Dijon, 2 vol. in-fol., 1787.
BOUIIOURS (le P.), jésuite, habile critique, néà Paris en 1628, mort en 1702, professa les huma-nités à Paris, puis fut chargé de l’éducation desprinces de Longueville, et ensuite de celle du mar-quis de Seignelay , fils de Colbert. Ses principauxouvrages sont : Entretiens d’Arisle et Eugène, 1671,traité de critique qui eut un grand succès et quifut attaqué vivement par Barbier-d’Aucourt dansscs Sentiments de Cléanlhe ; Doutes sur la languefrançaise, 1674 ; Manière de bien penser sur les ou-vrages d’esprit, 1687, que l’on regarde comme su-périeur aux Entretiens ; Pensées ingénieuses des an-