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Dictionnaire universel d'histoire et de géographie : contenant 1. l'histoire proprement dite..., 2. la biographie universelle..., 3. la mythologie..., 4. la géographie ancienne et moderne... ; ouvrage autorisé par le Conseil de l'Instruction publique et approuvé par Mgr l'Archevêque de Paris / par M.-N. Bouillet
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golfe Codanus et la mer Germanique, à l’O. lecours du Rhin, au S. les Alpes et le cours du Da-nube. Sa limite à l’E. était inconnue des Romains .On peut la diviser en deux parts : Germanie ro-maine et Germanie purement barbare. La première,située au S'. 0., était séparée de la seconde parun long mur de retranchement qui s’étendait duRhin au Danube , et dont on voit encore les ves-tiges. Voy. diable (Mur du). 11 commençait prèsd ’Aquæ Mauiacæ (Wiesbaden ) et se terminait auconfluent du Naab et du Danube . Les Decumatesagri, espèce de frontière militaire située cn-deçàde ce mur et correspondant à peu près au Brisgau actuel, formaientle district principal delà Germanie romaine; il faut y joindre les deux Germaniques,l’Helvétie, les deux Rhéties (Rhétie et Vindélicie ).Quant à la Germanie purement barbare, il estfort difficile de déterminer les noms et la positiondes peuples qui l'habitaient : toutefois, dans lesdeux premiers siècles de notre ère, la Germanie paraît avoir été partagée entre trois grandes nationsprincipales : 1° les Hermions au N. E., entre l’Elbe et la Vistule ; 2° les Ingævons au N. et au N. 0.;3° les Istœvons à l’O. — 1. Les Hermions , que l’onregarde comme la souche des deux autres, et quisont désignés tantôt sous le nom de Teutons , tantôtsous celui de Suives, comprenaient les Semnones ,entre l’Elbe et l’Oder; les Varini , entre les embou-chures de la Trave et de la Warne; les Sidini, de-puis la Warne jusqu’à l’Oder ; les Rugii , dans laPoméranie; les Goiliones et les Heruli , sur les bordsde la Baltique et en Pologne; les Vandalii et lesSilingi, dans les monts Sudètes et la Lusace ; lesBurgundiones et les Lygii , derrière les Vandales etdans la Silésie. 11 faut y joindre les Langobardi (Lombards) et les Angli qui primitivement habi-taient sur les bords de l’Elbe et qui émigrèrent,les premiers chez les Istævons, et les seconds chezles Ingævons.— 2. Les Ingævons comprenaient denombreuses et puissantes tribus répandues depuisles embouchures du Rhin jusqu’aux rives occid.de la Baltique ; c’étaient : les Frisii , dans la Hol-lande et le Hanovre ; les Chaud, dans le pays d’Ol-denbourg et de Brème; les Augrivarii, aux environsde Lunebourg et de Kalenberg ; les Saxons, dansle Holstein actuel (divisés eux-mêmes en Ostphales,Westphales et Angarii ) ; on peut y joindre les peu-ples de la Scandinavie mérid ., Helleviones, Suiones,Fenni , et ceux des bords de la Baltique orient.,Æstyi, Venedi, etc.—3. Sous le nom A’Istœvons onréunissait les Chamavi, Tubanles, Usipii , Ansibariiet Bructeri entre le Weser et le Rhin; les Sicambri ,ÀUuarii et Marsi depuis la Lippe jusqu’à Cologne ;les Chassuarii, Tencteri et Ingriones, sur la riveoccid. du Weser; les Caui, dans la Thuringe , de-puis les sources du Weser jusqu’au Mein et à laSaale ; les Turoni , les Murvingi et les Mattiad, auxenvirons de Marbourg et de Wiesbaden ; les Che-rusd dans le Harz , les Fosi dans le Brunswick, etc.Toutes ces tribus formèrent à diverses époques degrandes confédérations, telles que celles des Sicam-bres, des Chérusques et des Cattes, qui plus tarddevinrent les deux puissantes confédérations desFrancs et des Allemands ( Alemanni ). — Pour com-pléter cette énumération, nous nommerons encoreles Quadi, les Marcomani, les Boii et les Hermun-duri, qui, émigrés de diverses tribus, habitaient aumidi de la Germanie et dans la forêt Hercynienne,et qui plus tard formèrent de puissants empires.

Les Germains, au temps de César et d’Auguste ,étaient encore barbares, mais moins que les Slaveset les Scythes; ils firent quelques pas dans la civi-lisation pendant les quatre siècles suivants. Ilsétaient grossiers plutôt que féroces, francs, loyaux,hospitaliers, observateurs religieux de leur parole ;ils laissaient aux esclaves et aux femmes les soins

pacifiques, mais du moins ils connaissaient l’agricul-ture; ils avaient des demeures fixes, bien qu’ils détes-tassentles villes ; ils avaient des usages qui pour emétaient en quelque sorte un code oral ; ils se grou-paient autour de chefs de leur choix pour de grandesexpéditions ; ils obéissaient la plupart à des rois hé-réditaires, mais ils n’en avaient pas moins une sorted'aristocratie dans le conseil des grands et des vieil-lards, et une démocratie dans les malls ou diètesnationales où tous les hommes libres se rendaient.11 faut bien distinguer chez les Germains la nationd’avec la bande : celle-ci se composait des hommes ar-més qui s'associaient à la fortune d’un guerrier re-nommé et le suivaient dans une expédition ; danscelle-là étaient compris les femmes, les enfants, lesvieillards ; aussi la nation se risquait rarement à courirles aventures à la suite d’un chef.—La religion desGermains était grossière ; leur déité principale étaitHertha (la Terre). Ils croyaient aux sorts, aux ora-cles, aux prophéties : les femmes surtout leur sem-blaient aptes à prédire, et sous ce rapport ils témoi-gnaient à quelques-unes d’entre elles une vénéra-tion qu’on a eu tort de croire générale. Les défautscapitaux des Germains étaient le goût des orgies,le jeu, l'extrême irascibilité, l’ignorance et uneparesse sans bornes pour tout ce qui n’était pas laguerre, la chasse ou l'exercice de la souveraineté.

L’histoire de la Germanie av. J.-C. est presqueinconnue. L’invasion du Gaulois Sigovèse en Germa-nie vers 587 av. J.-C., celle des timbres et Teu-tons en Gaule et en Italie , 103-101, la tentativedu Suève Arioviste sur la Gaule , en sont presqueles seuls grands traits connus. Les Romains,devenus maîtres de la Gaule Tan 50 av. J.-C., de laRhétie Tan 15 av. J.-C., se trouvèrent dès lors en con-tact avec les Germains au-delà du Rhin et du Danube ,et dès ce temps les hostilités commencèrent. Pendant176 ans la guerre fut offensive de la part des Romains(16 av. J.-C. —161 ap. J.-C.); elle devint défensiveensuite. Au commencement du i" siècle de notreère, les Chérusques et les Marcomans étaient de touiles peuples germains les plus puissants; ils avaient for-mé chacun une confédération de tous leurs voisins:vers Tan 10, les deux ligues furent sur le point des’unir. La première se décomposa ensuite, maisla seconde, sous le nom de Ligue des Suives ( dite auin* siècle Ligue des Alamans), devint de plus enplus redoutable. Vers 244 aussi se réorganisait laligue chérusque, sous le nom de Ligue des Francs(Voy. francs). Les attaques perpétuelles des uns etdes autres pendant 160 ans (244-403) affaiblirentimmensément l’Occident : la grande invasion de408, quoique opérée par des Slaves et des Tchoudesplus encore que par des Suèves , et malgré l’oppositmndes Francs, porta la décadence de l’empire d Occi-dent au plus haut point, et bientôt Wisigoths , tmr-gundes, Suèves, s’établirent en Gaule et en Espagne .Les Francs parurent à leur tour et portèrent les der-niers coups, de 420 à 486. Les Vandales étaient enAfrique depuis 429 ; les Hérules en 476, les Ostro-goths en 493, les Lombards en 668, devinrent les maî-tres de l’Italie ; de 455 à 584 les Jutes, Saxons et An-gles occupèrent presque toute la ci-devant Bretagromaine. L’empire d'Occident devint donepresqexclusivement la proie des peuples germains, r "sieurs d’entre eux disparurent, les OstrogotnsVandales sous les coups des Grecs, les Suèves les Wisigoths , ceux-ci sous les Arabes ; les Jutes,gles et Saxons sous les Northmans (ou ^ orm . j!qui du reste étaient eux-mêmes de sang teuton ’, 'les Lombards devant les Francs . FinalemenFrancs devinrent le peuple dominateur danscien empire d’Occident, et dans toute la Gçr 'On distinguait alors dans cette vaste contrée 1nations germaines : les Francs, les Alcma■Suèves ), les Saxons, les Bavarois. Sous les

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