DE CATHERINE YADÉ.
V
il lui donna la l' ste plusieurs autres patrons que notre ami neconnaissait pas; ce qui revenait au même : mais à chaque saint qu’ilproposait, il demandait quelque chose pour son couvent; car il sa-vait que Jérôme Carré avait de l’argent. Jérôme Carré lui fit alors ceconte, qui m’a paru curieux :
« Il y avait autrefois un roi d’Espagne qui avait promis de distribuer« des aumônes considérables à tous les habitants d’auprès de ilurgos« qui avaient été ruinés par la guerre. Ils vinrent aux portes du palais ;« mais les huissiers ne voulurent les laisser entrer qu’à condition qu’ils« partageraient avec eux. Le bon homme Cardero se présenta le prê-te rnier au monarque, se jeta à ses pieds, et lui dit : Grand roi, je« supplie votre altesse royale de faire donner à chacun de nous cent« coups d’étrivièrea. Yoilà une plaisante demande, dit le roi; pour-cc quoi me faites-vous cette prière? C’est, dit Cardero, que vos gensci veulent absolument avoir la moitié de ce que vous nous donnerez.« Le roi rit beaucoup, et fit un présent considérable à Cardero. Deci là vint le proverbe qu’il vaut mieux avoir affaire a Dieu qu'à« ses saints. »
C’est avec ces sentiments que passa de cette vie à l’autre moncher Jérôme Carré, dont je joins ici quelques opuscules à ceux deGuillaume; et je me flatte que messieurs les Parisiens, pour quiYadé et Carré ont toujours travaillé, me pardonneront ma préface.
Catherine Yadé.