CE QlTf PLAIT AUX DAMES.
Mais je vaincrai ses injustes dégoûts :
De sa beauté j’ai l’âme trop éprise,
Je l’aime trop, pour qu’il ne m’aime pas.
Le cœur fait tout : j’avoue avec franchiseQue je commence à perdre mes appas ;
Mais j’en serai plus tendre et plus fidèle.
On en vaut mieux, on orne son esprit ;
On sait penser ; et Salomon a dit
Que femme sage est plus que femme belle.
Je suis bien pauvre : est-ce un si grand malheur ?La pauvreté n’est point un déshonneur.
N’est-on content que sur un lit d’ivoire ?
Et vous, madame, en ce palais de gloire,
Quand vous couchez côte à côte du roi,Dormez-vous mieux, aimez-vous mieux que moi ?De Philémon vous connaissez l’histoire :
Amant aimé, dans le coin d’un taudis,
Jusqu’à cent ans il caressa Baucis.
Les noirs Chagrins, enfants de la Richesse,N’habitent point sous nos rustiques toits ;
Le vice fuit où n’est point la Mollesse ;
Nous servons Dieu, nous égalons les rois ;
Nous soutenons l’honneur de vos provinces ;
Nous vous fesons de vigoureux soldats ;
Et, croyez-moi, pour peupler vos états,
Les pauvres gens valent mieux que vos princes.
Que si le ciel à mes chastes désirsN’accorde pas le bonheur d’être mère,
L’hymen encore offre d’autres plaisirs :
Les fleurs du moins sans les fruits peuvent plaire.On me verra , jusqu’à mon dernier jour,
Cueillir les fleurs de l’arbre de l’amour, u
La décrépite, en parlant de la sorte,
Charma le cœur des dames du palais :
On adjugea Robert à ses attraits.