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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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CE QlTf PLAIT AUX DAMES.

Mais je vaincrai ses injustes dégoûts :

De sa beauté j’ai l’âme trop éprise,

Je l’aime trop, pour qu’il ne m’aime pas.

Le cœur fait tout : j’avoue avec franchiseQue je commence à perdre mes appas ;

Mais j’en serai plus tendre et plus fidèle.

On en vaut mieux, on orne son esprit ;

On sait penser ; et Salomon a dit

Que femme sage est plus que femme belle.

Je suis bien pauvre : est-ce un si grand malheur ?La pauvreté n’est point un déshonneur.

N’est-on content que sur un lit d’ivoire ?

Et vous, madame, en ce palais de gloire,

Quand vous couchez côte à côte du roi,Dormez-vous mieux, aimez-vous mieux que moi ?De Philémon vous connaissez l’histoire :

Amant aimé, dans le coin d’un taudis,

Jusqu’à cent ans il caressa Baucis.

Les noirs Chagrins, enfants de la Richesse,N’habitent point sous nos rustiques toits ;

Le vice fuit où n’est point la Mollesse ;

Nous servons Dieu, nous égalons les rois ;

Nous soutenons l’honneur de vos provinces ;

Nous vous fesons de vigoureux soldats ;

Et, croyez-moi, pour peupler vos états,

Les pauvres gens valent mieux que vos princes.

Que si le ciel à mes chastes désirsN’accorde pas le bonheur d’être mère,

L’hymen encore offre d’autres plaisirs :

Les fleurs du moins sans les fruits peuvent plaire.On me verra , jusqu’à mon dernier jour,

Cueillir les fleurs de l’arbre de l’amour, u

La décrépite, en parlant de la sorte,

Charma le cœur des dames du palais :

On adjugea Robert à ses attraits.