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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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CE QUI PLAIT AUX DAMES.

Un moine noir a par dévotion

Saisi le tout, quand jassaillis Marthon :

Je nai plus rien; et malgré ma justice,

Je ne saurais payer ma bienfaitrice. »

La reine dit : « Tout vous sera rendu :

On punira votre voleur tondu.

Votre fortune, en trois parts divisée,

Fera trois lots justement compensés :

Les vingt éeus à Marthon la lésée

Sont dus de droit, et pour ses œufs cassés ;

La bonne vieille aura votre monture ;

Et vous, Robert, vous aurez votre armure.

La vieille dit : « Rien nest plus généreuxMais ce nest pas son cheval que je veux :Rien de Robert ne me plaît que lui-même ;Cest sa valeur et ses grâces que jaime.

Je veux régner sur son cœur amoureux ;

De ce trésor ma tendresse est jalouse.

Entre mes bras Robert doit vivre heureux :Dès cette nuit, je prétends quil mépouse.*

A ce discours, que lon nattendait pas,Robert glacé laisse tomber ses bras ;

Puis, fixement contemplant la figureEt les haillons de notre créature,

Dans son horreur il recula trois pas,

Signa son front, et dun ton lamentable,

Il sécriait : « Ai-je donc méritéCe ridicule et cette indignité?

Jaimerais mieux que votre majestéMe fiançât à la mère du diable.

La vieille est folle; elle a perdu lesprit. »

Lors tendrement notre sans dent reprit :

« Vous le voyez, ô reine! il me méprise ;

Il est ingrat ; les hommes le sont tous.