CE QUI PLAIT AUX DAMES.
Que possédait l’affreuse aventurière.
Elle se trousse, et, de sa sale main,
De son époux arrange le festin ;
Frugal repas fait pour ce premier âgePlus célébré qu’imité par le sage.
Deux ais pourris sur trois pieds inégauxFormaient la table où les époux soupèrent,
A peine assis sur deux minces tréteaux.
Du triste époux les regards se baissèrent.
La décrépite égaya le repas
Par des propos plaisants et délicats,
Par ces bons mots qui piquent, et qu’on aime ,Si naturels que l’on croirait soi-mêmeLes avoir dits. Robert fut si content,
Qu’il en sourit, et qu’il crut un momentQu’elle pourrait lui paraître moins laide.
Elle voulut, quand le souper finit,
Que son époux vînt avec elle au lit.
Le désespoir, la fureur le possède ;
A cette crise il souhaite la mort.
Mais il se couche, il se fait cet effort :
Il l’a promis, le mal est sans remède.
Ce n’étaient point deux sales demi-drapsPercés de trous et rongés par les rats,
Mal étendus sur de vieilles javelles,
Mal recousus encor par des ficelles,
Qui révoltaient le guerrier malheureux ;
Du saint hymen les devoirs rigoureuxS’offraient à lui sous un aspect horrible.
« Le ciel, dit-il, voudrait-il l’impossible?
A Rome on dit que la grâce d’en-hautDonne à la fois le vouloir et le faire :
La grâce et moi nous sommes en défaut.
Par son esprit ma femme a de quoi plaire ;
Son cœur est bon : mais dans le grand conflit