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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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LES TROIS MANIERES.

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La grâce, en s’exprimant, vaut mieux que ce qu’on dit.On applaudit, on rit : les Grecs aimaient à rire.

Pourvu qu’on soit content, qu’importe qu’on admire?Apamis s’avança les larmes dans les yeux :

Ses pleurs étaient un charme, et la rendaient plus belle.Les Grecs prirent alors un air plus sérieux,

Et, dès qu’elle parla, les cœurs furent pour elle.Apamis raconta ses malheureux amoursEu mètres qui n’étaient ni trop longs, ni trop courts ;Dix syllabes par vers, mollement arrangées,

Se suivaient avec art, et semblaient négligées.

Le rhythme en est facile, il est mélodieux.

L’hexamètre est plus Jieau, mais parfois ennuyeux.

APAMIS.

L’astre cruel sous qui j’ai vu le jourM’a fait pourtant naître dans Amathonte,

Lieux fortunés où la Grèce raconteQue le berceau de la mère d’AmourPar les Plaisirs fut apporté sur l’onde :

Elle y naquit pour le bonheur du monde,

A ce qu’on dit, mais non pas pour le mien.

Son culte aimable et sa loi douce et pureA ses sujets n’avaient fait que du bien,

Tant que sa loi fut celle de nature :

Le rigorisme a souillé ses autels ;

Les dieux sont bons, les prêtres sont cruels.

Les novateurs ont voulu qu’une belleQui par malheur deviendrait infidèleAllâtfinir ses jours au fond de l’eauOù la déesse avait eu son berceau ,

Si quelque amant ne se noyait pour elle.Pouvait-on faire une loi si cruelle ?

Hélas ! faut-il le frein du châtiment

Aux cœurs bien nés pour aimer constamment?

Et si jamais, à la faiblesse en proie,