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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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LES TROIS MANIÈRES.

Quelque beauté vient à changer damant,

Cest un grand mal ; mais faut-il quon la noie ?

Tendre Vénus , vous qui fîtes ma joieEt mon malheur ; vous quavec tant de soinJavais servie avec le beau Bathyle,

Dun cœur si droit, dun esprit si docile,

Vous le savez, je vous prends à témoinComme jaimais, et si javais besoinQue mon amour fût nourri par la crainte.

Des plus beaux nœuds la pure et douce étreinteFesait un cœur de nos cœurs amoureux.

Bathyle et moi nous respirions ces feuxDont autrefois a brûlé la déesse.

Lastre des cieux, en commençant son cours,

En lachevant, contemplait nos amours ;

La nuit savait quelle était ma tendresse.

Arénorax, homme indigne daimer,

Au regard sombre, au front triste, au cœur traître,Damour pour moi parut senvenimer,

Non sattendrir : il le fit bien connaître.

pour haïr, il ne fut que jaloux.

Il distilla les poisons de lenvie,

Il fit parler la noire calomnie.

O délateurs ! monstres de ma patrie,

Nés de lenfer, hélas ! rentrez-y tous.

Lart contre moi mit tant de vraisemblance,

Que mon amant put même sy tromper ;

Et limposture accabla linnocence.

Dispensez-moi de vous développerLe noir tissu de sa trame secrète ;

Mon tendre cœur ne peut sen occuper,

Il est trop plein de lamant quil regrette.

A la déesse en vain jeus mon recours,

Tout me trahit; je me vis condamnéeA terminer mes maux et mes beaux jours