ET MACABE.
Lors un petit moine tonduDit à la dame vagabonde :
« Cessez de eourir à la rondeAprès votre amant échappé ;
Car, si l’on ne m’a pas trompé,
Ce bon homme est dans l’autre monde.
A ce discours impertinentThélème se mit en colère :
« Apprenez, dit-elle, mon frère,
Que celui qui fait mon tourmentEst né pour moi, quoi qu’on en dise :
Il habite certainementLe monde où le destin m’a mise,
Et je suis son seul élément :
Si l’on vous fait dire autrement,
On vous fait dire une sottise. »
La belle courut de ce pasChercher au milieu du fracasCelui qu’elle croyait volage.
« Il sera peut-être à Paris,
Dit-elle, avec les beaux espritsQui l’ont peint si doux et si sage. »L’un d’eux lui dit : « Sur mon avis,Vous pourriez vous tromper peut-être :Macare n’est qu’en nos écrits ;
Nous l’avons peint sans le connaître. »
Elle aborda près du Palais,
Ferma les yeux, et passa vite :
Mon amant ne sera jamaisDans cet abominable gîte :
Au moins la cour a des attraits,Macare aurait pu s’y méprendre ;
Mais les noirs suivants de ThémisSont les éternels ennemisDe l’objet qui me rend si tendre. »