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LES FINANCES.
Font des biens au soleil un petit inventaire ;
Saisissent tout l’argent, démeublent le logis.
La femme du bourgeois crie et se désespère ;
Le maître est interdit ; la fille est tout en pleurs,
Un enfant de quatre ans joue avec les voleurs :Heureux pour quelque temps d’ignorer sa disgrâce !
Son aîné, grand garçon, revenant de la chasseVeut secourir son père, et défend la maison :
On les prend, on les lie, on les mène en prison ;
On les juge, on en fait de nobles Argonautes,
Qui, du port de Toulon devenus nouveaux hôtes d ,Vont ramer pour le roi vers la mer de Cadix.
La pauvre mère expire en embrassant son fils ;L’enfant abandonné gémit dans l’indigence,
La fille sans secours est servante à Paris.
C’est ainsi qu’on travaille un royaume en finance.
NOTES.
a II y eut en effet le Juif Gabelus qui eut des affaires d’argent avec lebon homme Tobie : et plusieurs doctes très-sensés firent de l’kébreuxl’étymologie de gabelle, car on sait que c’est de l’hébreu que vient lefrançais.
b Un homme qui a tant de cochons doit prendre tant de sel pour lessaler ; et s’ils meurent, il doit prendre la même quantité de sel, sans quoi11 est rais à l’amende, et on vend ses meubles.
c Les contrôleurs du domaine évaluant toujours le bien dont tout col-latéral hérite au triple de la valeur, le taxent suivant cette évaluation,imposent une amende excessive, vendent le bien à l’encan, et l’achètentà bon marché.
d L’aventure est arrivée à la famille d’Antoine Fusigat.