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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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LES FINANCES.

Si

« Oui, lami. » « Je révère un si sublime emploi :

Le mot d'aide sentend ; gabelles membarrasse.

D vient ce mot? » « Dun Juif appelé Gabelus a . »

« Ah ! dun Juif! je le crois. » « Selon les nobles usDe ce peuple divin, dont je chéris la race,

Je viens prendre chez vous les droits qui' me sont dus.

Jai fait quelques progrès, par mon expérience,

Dans lart de travailler un royaume en finance.

Je fais loyalement deux parts de votre bien :

La première est au roi, qui nen retire rien ;

La seconde est pour moi. Voici votre mémoire.

Tant pour les brocs de vin quici nous avons bus ;

Tant pour ceux quaux marchands vous navez point vendus,Et pour ceux quavec vous nous comptons encor boire ;

Tant pour le sel marin duquel nous présumonsQue vous deviez garnir vos savoureux jambons b .

Vous ne lavez point pris, et vous deviez le prendre.

Je ne suis point méchant, et jai lâme assez tendre.Composons, sil vous plaît. Payez dans ce momentDeux mille écus tournois par accommodement. »

Mon badaud écoutait dune mine attentiveCe discours éloquent quil ne comprenait pas ;

Lorsquun autre seigneur en son logis arrive,

Lui fait son compliment, le serre entre ses bras :

« Que vous êtes heureux ! votre bonne fortune,

En pénétrant mon cœur, à nous deux est commune.

Du domaine royal je suis le contrôleur :

Jai su que depuis peu vous goûtez le bonheurDêtre seul héritier de votre vieille tante.

Vous pensiez ny gagner que mille écus de rente :

Sachez que la défunte en avait trois fois plus.

Jouissez de vos biens, par mon savoir accrus.

Quand je vous enrichis, souffrez que je demande,

Pour vous être trompé, dix mille francs damende e .

Aussitôt ces messieurs, discrètement unis,