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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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SESOSTHIS.

Le roi demande à son guide fidèleQuelle est la nymphe et si tendre et si belle,Et que font ces trois vilaines gens.

Son compagnon lui répondit : « Mon prince,Ignorez-vous quelle est cette beauté?

A votre cour, à la ville, en province,

Chacun ladore, et cest la Volupté.

Ces trois vilains, qui vous font tant de peine,Marchent souvent après leur souveraine :Cest le Dégoût, lEnnui, le Repentir,Spectres hideux, vieux enfants du Plaisir. »

LÉgyptien fut affligé dentendreDe ce propos la triste vérité.

« Ami, dit-il, veuillez aussi mapprendreQuelle est plus loin cette autre déitéQui me paraît moins facile et moins tendre,Mais dont lair noble et la sérénitéMe plaît assez. Je vois à son côtéUn sceptre dor, une sphère, une épée,

Une balance ; elle tient dans sa mainDes manuscrits dont elle est occupée :

Tout lornement qui pare son beau seinEst une égide. Un temple magnifiqueSouvre à sa voix, tout brillant de clarté ;

Sur le fronton de lauguste portiqueJe lis ces mots, A limmortalité.

Y puis-je entrer? » « Lentreprise est pénible,Repartit lange, on a souvent tentéDy parvenir, mais on sest rebuté.

Cette beauté, qui vous semble inflexible,

Peut quelquefois se laisser enflammer.

La Volupté, plus douce et plus sensible,

A plus dattraits ; lautre sait mieux aimer.

Il faut, pour plaire à la fière immortelle,

Un esprit juste, un cœur pur et fidèle :