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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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LE MONDAIN.

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Quun cuisinier est un mortel divin !

Chloris, Églé, me versent de leur mainDun vin d dont la mousse pressée,

De la bouteille avec force élaneée,

Comme un éclair fait voler le bouchon ;

Il part, on rit ; il frappe le plafond.

De ce vin frais lécume pétil lanteDe nos Français est limage brillante.

Le lendemain donne dautres désirs,Dautres soupers, et de nouveaux plaisirs.

Or, maintenant, monsieur du Télémaque,Vantez-nous bien votre petite Ithaque,

Votre Salente, et vos murs malheureux,

vos Crétois, tristement vertueux,Pauvres deffet, et riches dabstinence,Manquent de tout pour avoir labondance :Jadmire fort votre style flatteur,

Et votre prose, encor quun peu traînante;Mais , mon ami, je consens de grand cœurDêtre fessé dans vos murs de Salente,

Si je vais pour chercher mon bonheur.

Et vous, jardin de ce premier bon homme,Jardin fameux par le diable et la pomme,Cest bien en vain que, par lorgueil séduits,Huet, Calmet, dans leur savante audace,

Du paradis ont recherché la place :

Le paradis terrestre est je suis f

NOTES.

" Celte pièce est de 1736. Cest un badinage dont le fond est très-philo-sophique et très-utile : son utilité se trouve expliquée dans la pièce sui-vante. Voyez aussi, page 79, la lettre de M. de Melon à madame lacomtesse de Verrue (1748).b Autour du Cuisinier français ( 1748).c Fameux sculpteur, à Chaumont en Champagne ( 1748 ).