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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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LE PAUVRE DIABLE-

( Dont Marion fut servie assez mal ) 1Fit élever près du Palais-Royal.

Avec éclat jentretins donc ma belle ;

Croyant laimer, croyant être aimé delle,

Je prodiguais les vers et les bijoux ;

Billets de change étaient mes billets doux :

Je conduisais ma Laïs triomphante,

Les soirs dété, dans la lice éclatanteDe ce rempart, asile des amours ,

Par Outrequin rafraîchi tous les jours" 1 .

Quel beau vernis brillait sur sa voiture !

Un petit peigne orné de diamantsDe son chignon surmontait la parure ;

LInde à grands frais tissut ses vêtements ;Largent brillait dans la cuvette ovale sa peau blanche et ferme, autant quégale,Sembellissait dans des eaux de jasmin.

A son souper, un surtout de GermainEt trente plats chargeaient sa table rondeDes doux tributs des forêts et de londe.

Je voulus vivre en fermier général :

Que voulez-vous, hélas! que je vous dise?

Je payai cher ma brillante sottise;

En quatre mois je fus à lhôpital.

Voilà mon sort, il faut que je lavoue.Conseillez-moi. Mon ami, je te loueDavoir enfin déduit sans vanitéTon cas honteux, et dit la vérité ;

Prête loreille à mes avis fidèles.

Jadis lÉgypte eut moins de sauterellesQue lon ne voit aujourdhui dans ParisDe malotrus, soi-disant beaux esprits,

Qui, dissertant sur les pièces nouvelles,

En font encor de plus sifflables quelles :

Tous lun de lautre ennemis obstinés,