Buch 
Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
Entstehung
Seite
101
JPEG-Download
 

NOTES.

10 !

ce quil a fait. Il était jésuite quand il fit imprimer son Vert-Vert. Le

contraste de son état, et des termes de b.et f.quon voyait dans ce

petit poème, fit un très-grand éclat dans le monde, et donna à lauteurune grande réputation. Ce poème nétait fondé à la vérité que sur desplaisanteries de couvent, mais il promettait beaucoup; lauteurfut obligé de sortir des jésuites. II donna la comédie du Méchant ,pièce un peu froide, mais dans laquelle il y a des scènes extrêmementbien écrites. Revenu depuis à la dévotion, il fit imprimer une Lettredans laquelle il avertissait le public quil ne donnerait plus de comédies,de peur de se damner. Il pouvait cesser de travailler pour le théâtresans le dire. Si tous ceux qui ne font point de comédies en avertissaienttout le monde, il y aurait trop davertissements imprimés. Cet avis aupublic fut plus sifflé que ne laurait été une pièce nouvelle, tant le pu-blic est malin (1771).

i Labbé Trublet, auteur de quatre tomes (VEssais de littérature. Cesont de ces livres inutiles, lon ramasse de prétendus bons motsquon a entendu dire autrefois, des sentences rebattues, des penséesdautrui délayées dans de longues phrases, de ces livres enfin dont onpourrait faire douze tomes avec le seul secours du Polyanthe ( IG7I ).

J II y avait en effet alors, auprès de lhôtel de la Comédie italienne,une maison sassemblaient tous les convulsionnaires, et ils fesaientdes miracles. Ils étaient protégés par un président au parlement,nommé Du Bois, après lavoir été par un Carré de Mongeron, conseillerau même parlement. Cette secte de convulsionnaires, celle des moraves,des ménouistes, des piélistes, font voir comment certaines religionspeuvent aisément sétablir dans la populace, et gagner ensuite lesclasses supérieures. Il y avait plus de six mille convulsionnairesà Paris. Plusieurs dentre eux fesaient des choses très-extraordinaires.On rôtissait des filles sans que leur peau fût endommagée; on leurdonnait des coups de bûche sur lestomac sans les blesser ; et cela sap-pelait donner des secours. 11 y eut des boiteux qui marchèrent droit,et des sourds qui entendirent. Tous ces miracles commençaient par unpsaume quon récitait en langue vulgaire; on était saisi du Saint-Esprit, on prophétisait; et quiconque dans lassemblée se serait permisde rire aurait couru risque dètre lapidé. Ces farces ont duré vingt anschez les Welclies ( 1771 ).

k Cest Abraham Chaumeix, vinaigrier et théologien, dont on a parléailleurs ( 1771 ).

i Marion de Lorme, courtisane du temps du cardinal de Richelieu, etqui lit une assez grande fortune avec ce ministre, qui était fort géné-reux ( 1771).

m La mode était alors de se promener en carrosse ou à pied sur lesboulevards de Paris, queM. Outrequin avait soin de faire arroser tousles jours pendant lété. Les jeunes gens se piquaient dy faire paraîtreleurs maîtresses dans les voitures les plus brillantes. On y voyait desfilles de lOpéra couvertes de diamants ; elles renouaient leurs cheveuxavec des peignes il y avait autant de diamants (pie (le dents. Lesboulevards étaient bordés de cafés, de boutiques de marionnettes, dejoueurs de gobelets, de danseurs de corde, et de tout ce qui peu! amu-ser la jeunesse ( 1771 ).

n Le Portier des Chartreux est un livre qui nest pas de la morale la