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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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IN OTES.

I 14

i Palissot <le Montcnoi fit jouer par les comédiens français une co-médie intitulée les Philosophes, le2mai 17GD. lia eu le malheur, danscelte comédie, dinsulter et daccuser plusieurs personnes dun mérilesupérieur; et Use reprochera sans doute celle fauie toulesa vie. On voit,par la lettre quil a donnée au public en forme de préface, quil a ététrompé par de faux mémoires quon lui avait donnés.

Ceux quon insulte dans celte pièce sont M. Duclos, secrétaire perpé-tuel de lAcadémie française, auteur de plusieurs ouvrages très-estima-bles; M. Dalembert, de la même académie et de celle des sciences, cé-lèbre par sa vaste littérature, par scs connaissances profondes dans lesmathématiques, et par son génie; M. Diderot, dont le public fait lemême éloge; M. le chevalier de Jaucourt, homme dune grande nais-sance , auteur de cent excellents articles qui enrichissent le Dictionnaireencyclopédique ; M. Helvétius, admirable (ce mot nest pas trop fort)par une action unique : il a quitté deux cent mille livres de renie pourcultiver les belles-lettres en paix, et il fait du bien avec ce qui lui reste.La facilité et la bonté de son caractère lui ont fait hasarder, dans un li-vre dailleurs plein desprit, des propositions fausses et très-répréhen-sibles, dont il sest repenti le premier, h l'exemple du grand Fénelon.Lauteur de la comédie des Philosophes se repent aussi davoir porté lepoignard dans ses blessures; il a des remords davoir imputé des maxi-mes et des vues pernicieuses aux plus honnêtes geftis qui soient en France,ii des hommes qui nont jamais fait le moindre mal à personne, et quinen ont jamais dit. En qualité de citoyen, il souhaite que le Diction-naire encyclopédique se continue, que les libraires qui ont fait cettegrande entreprise ne soient pas ruinés, que les souscripteurs ne perdentpoint leurs avances.

Ce livre, qui se perfectionnait sous tant de mains, devenait cher etnécessaire à la nation. Jai vu larticle Roi en manuscrit; des étrangersont pleuré de tendresse au portrait quon fait de Louis XY, et ils ontsouhaité dêtre ses sujets ; la reine son épouse regretterait larticle Reine ,si sa vertu modeste pouvait lui faire regretter les plus justes louanges.Au mot Guerre, on croirait que celui qui commande aujourdhui nosarmées, et plusieurs lieutenants généraux, ont été désignés par lauteur,qui est lui-même un excellent oflicier. Le mot Siège forme un articlebien important pour nous; la prise du Port-Mahon immortalise le nomdu général et le nom français : en un mot, cet ouvrage eût fait noiregloire, et il est bien honteux quil ail essuyé à la fois la persécution etle ridicule (1760).

»' Le il mai 1760, jour de lanniversaire de la mort de Henri IV, lesapothicaires de Paris tirent saisir, dans uncouvent de jésuites quon ap-pelaitla maison professe, des drogues que les jésuites vendaient enfraude, et leur tirent un procès au parlement, qui condamna ces pères.Un disait quils débitaient chez eux ces drogues pour empoisonner lesjansénistes ( 1771 ).

n Cest ce quon appelle la Gazette ecclésiastique. Ce journal clandestincommença on 1724, et dure encore. Cest un ramas de petits faits con-cernant des bedeaux de paroisse, des porte-dieu, des thèses de théo-logie, des refus de sacrements, des billets de confession : cest sur-tout dans le temps de ces billets de confession que cette gazette a eu leplus de vogue. Larchevêque de Paris, Christophe de Beaumont, avait