IN OTES.
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i Palissot <le Montcnoi fit jouer par les comédiens français une co-médie intitulée les Philosophes, le2mai 17GD. lia eu le malheur, danscelte comédie, d’insulter et d’accuser plusieurs personnes d’un mérilesupérieur; et Use reprochera sans doute celle fauie toulesa vie. On voit,par la lettre qu’il a donnée au public en forme de préface, qu’il a ététrompé par de faux mémoires qu’on lui avait donnés.
Ceux qu’on insulte dans celte pièce sont M. Duclos, secrétaire perpé-tuel de l’Académie française, auteur de plusieurs ouvrages très-estima-bles; M. Dalembert, de la même académie et de celle des sciences, cé-lèbre par sa vaste littérature, par scs connaissances profondes dans lesmathématiques, et par son génie; M. Diderot, dont le public fait lemême éloge; M. le chevalier de Jaucourt, homme d’une grande nais-sance , auteur de cent excellents articles qui enrichissent le Dictionnaireencyclopédique ; M. Helvétius, admirable (ce mot n’est pas trop fort)par une action unique : il a quitté deux cent mille livres de renie pourcultiver les belles-lettres en paix, et il fait du bien avec ce qui lui reste.La facilité et la bonté de son caractère lui ont fait hasarder, dans un li-vre d’ailleurs plein d’esprit, des propositions fausses et très-répréhen-sibles, dont il s’est repenti le premier, h l'exemple du grand Fénelon.L’auteur de la comédie des Philosophes se repent aussi d’avoir porté lepoignard dans ses blessures; il a des remords d’avoir imputé des maxi-mes et des vues pernicieuses aux plus honnêtes geftis qui soient en France,ii des hommes qui n’ont jamais fait le moindre mal à personne, et quin’en ont jamais dit. En qualité de citoyen, il souhaite que le Diction-naire encyclopédique se continue, que les libraires qui ont fait cettegrande entreprise ne soient pas ruinés, que les souscripteurs ne perdentpoint leurs avances.
Ce livre, qui se perfectionnait sous tant de mains, devenait cher etnécessaire à la nation. J’ai vu l’article Roi en manuscrit; des étrangersont pleuré de tendresse au portrait qu’on fait de Louis XY, et ils ontsouhaité d’être ses sujets ; la reine son épouse regretterait l’article Reine ,si sa vertu modeste pouvait lui faire regretter les plus justes louanges.Au mot Guerre, on croirait que celui qui commande aujourd’hui nosarmées, et plusieurs lieutenants généraux, ont été désignés par l’auteur,qui est lui-même un excellent oflicier. Le mot Siège forme un articlebien important pour nous; la prise du Port-Mahon immortalise le nomdu général et le nom français : en un mot, cet ouvrage eût fait noiregloire, et il est bien honteux qu’il ail essuyé à la fois la persécution etle ridicule (1760).
»' Le il mai 1760, jour de l’anniversaire de la mort de Henri IV, lesapothicaires de Paris tirent saisir, dans uncouvent de jésuites qu’on ap-pelaitla maison professe, des drogues que les jésuites vendaient enfraude, et leur tirent un procès au parlement, qui condamna ces pères.Un disait qu’ils débitaient chez eux ces drogues pour empoisonner lesjansénistes ( 1771 ).
n C’est ce qu’on appelle la Gazette ecclésiastique. Ce journal clandestincommença on 1724, et dure encore. C’est un ramas de petits faits con-cernant des bedeaux de paroisse, des porte-dieu, des thèses de théo-logie, des refus de sacrements, des billets de confession : c’est sur-tout dans le temps de ces billets de confession que cette gazette a eu leplus de vogue. L’archevêque de Paris, Christophe de Beaumont, avait