NOTES.
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imaginé ces lettres de change tirées à vue suc l’autre monde, pour fairerefuser le viatique à tous les mourants qui se seraient confessés à desprêtres jansénistes. Ce comble de l’extravagance et de l’horreur causabeaucoup de troubles, et mit la Gazette ecclésiastique alors dans ungrand crédit : elle tomba quand celte sottise fut iinie. Elle était, dit-on,comme les crapauds, qui ne peuvent s’enfler que de venin ( !77l ).
o Le Journal chrétien ou du chrétien fut d’abord composé par unrécollet nommé Hayer, l’abbé Trublet, l’abbé Ifinouart, un nomméJoannet. Ils dédièrent leur besogne à la reine, dans l’espérance d’avoirquelque bénéfice; en quoi ils se trompèrent. Ils mirent d’abord leurMercure chrétien à 30 sous, puis à 20, puis à 15, puis h 12 . Voyant qu’ilsne réussissaient pas, ils s’avisèrent d’accuser d’alhéisme tous les écri-vains, à tori etàtravers. Ils s’adressèrent malheureusement à M. deSaint Foix, qui leur lit un procès criminel, et les obligea de se rétracter.Depuis ce temps-là leur Journal fut entièrement décrié, et ces pauvresdiables furent obligés de l’abandonner.
Pour le Journal de Trévoux, il a subi le sort des jésuites ses auteurs,il est tombé avec eux ( 1771 ).
p Cet Abraham Chaumeix était ci-devant vinaigrier, et s’étant faitconvulsionnaire, il devint un homme considérable dans le parti, surtoutdepuis qu’il se fut fait crucifier avec une couronne d’épines sur la tête,le 2 mars 1749, dans la rue Saint-Denys, vis-à-vis Saint-Leu et Saint-Gilles . Ge fut lui qui dénonça au parlement de Paris le Dictionnaireencyclopédique. Il a été couvert d’opprobre, et obligé de se réfugier àMoscou, où il s’est fait maître d’école.
Hayer le récollet n’est connu quê par le Journal chrétien ; le jésuiteBerthier, par le Journal de Trévoux, et surtout par une facétie plai-sante intitulée Relation de la maladie, de la confession, de la mortelde Tapparition du jésuite llerlhier ( 1771 ).
<1 Le doux Caveyrac est ici par antiphrase ; il n’y a rien de si peudoux que son Apoloqie de la révocation de l'édit de Nantes et de laSaint-Barlhélemi . Ce n’est pas qu’on doive en inférer absolument qu’ileut fait la Saint-Barthélemi, s’il eut été à la place du Balafré. On jusli-iie quelquefois les plus abominables actions qu’on ne voudrait pas avoirlaites. On fait un livre pour plaire à un évêque, pour attraper un petitbénéfice, une petite pension du clergé, qu'on n’attrape point; et ensuiteon écrirait pour les huguenots avec autant de zèle qu’on a écrit contreeux. Tout cela n’est, au bout du compte, que du papier perdu et del'honneur perdu ; ce qui est fort peu de chose pour ces gens-là.
Nonolte est un ex-jésuite que notre auteur philosophe a fait connaîtrepar les ignorances dont il l’a convaincu, et par les ridicules dont il l’aaccablé avec très-juste raison (1771).
r Peu d’auteurs se sont servis du mot instructeur, qui semble manquerà notre langue. On voit bien que c’est un Russe qui parle. Ce termerépond à celui do coukaski, qui est très-énergique en slavon ( 1760).s Les comédies qu’on joue sur lés boulevards (J7G0).
1 Ramponeau était un cabaretier de la Courtille, dont la figure comi-que , et le mauvais vin qu’il vendait bon marché, lui acquirent pendantquelque temps une réputation éclatante. Tout Paris courut à son ca-baret; des princes du sang même allèrent voir M. Ramponeau.
Une troupe de comédiens établis sur les remparts s’engagea à lui