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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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NOTES.

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duite d'Homère; die fait voir que les chevaux <VAchille, Xante, et Bâtieils de Podarge, sont dune race immortelle, et quayant déjà pleuré lamort de Patrocle, il nest point (lu tout étonnant quils tiennent un longdiscours à Achille. Enfin, elle cite lexemple de lànesse de Balaam, auquel il ny a rien à répliquer (1708).

' Descartes était certainement un grand géomètre et un homme deBeaucoup desprit ; mais toutes les nations savantes avouent quil aban-donna la géométrie, qui devait être son guide, et quil abusa de son esprit,pour ne faire que des romans. Lidée que les animaux ont tous les orga-nes du sentiment pour ne point sentir est une contradiction ridicule. Sestourbillons, ses trois éléments, son système sur la lumière, son explica-tion des ressorts du corps humain, ses idées innées, sont regardés, partous les philosophes, comme des chimères absurdes. On convient quedans toute sa physique il ny a pas une vérité physique. Ce grand exem-ple apprend aux hommes quon ne trouve ces vérités que dans les ma-thématiques et dans lexpérience (1708).

e II est rapporté, dans lhistoire de lAcadémie, que la Fontaine de-manda à un docteur sil croyait que saint Augustin eut autant despritque Rabelais, et que le docteur répondit à la Fontaine : « Prenez garde,

« monsieur, vous avez mis un de vos bas à lenvers; » ce qui était vrai.

Ce docteur était un sot. Il devait convenir que saint Augustin et Ra-belais avaient tous deux beaucoup desprit, et que le curé de Meudonavait fait un mauvais usage du sien. Rabelais était profondément savant, 'et tournait la science en ridicule. Saint Augustin nétait pas si savant;il ne savait ni le grec ni lhébreu : mais il employa ses talents et sonéloquence à son respectable ministère. Rabelais prodigua indignementles ordures les plus basses; saint Augustin ségara dans des explicationsmystérieuses que lui-même ne pouvait entendre.

On a relevé plusieurs de ses contradictions. Ce grand saint était homme;il a ses faiblesses, ses erreurs, ses défauts, comme les autres saints. Ilnen est pas moins vénérable; et Rabelais nest pas moins un bouffongrossier, un impertinent dans les trois quarts de son livre, quoiquil aitété lhomme le plus savant de son temps, éloquent, plaisant, et douédun vrai génie. Il ny a pas sans doute de comparaison à faire entreun père de lÉglise très-vénérable et Rabelais, mais on peut très-biendemander lequel avait plus desprit ; et un bas à lenvers nest pas uneréponse (1708).

f Dans le Spectacle cle la nature , M. le prieur de Jonval, qui dailleursest un homme fort estimable, prétend que toutes les bêtes ont un pro-fond respect pour lhomme. Il est pourtant fort vraisemblable (pie lespremiers ours et les premiers tigres qui rencontrèrent les premiers hom-mes leur témoignèrent peu de vénération, surtout sils avaient faim.

Plusieurs peuples ont cru sérieusement que les étoiles nétaient faitesque pour éclairer les hommes pendant la nuit. Il a fallu bien du tempspour détromper notre orgueil et notre ignorance; mais aussi plusieursphilosophes, et Platon entre autres, ont enseigné que les astres étaientdes dieux. Saint Clément dAlexandrie et Origène ne doutent pas quilsnaient des âmes capables de bien et de mal ; ce sont des choses très-cu-rieuses et très-instructives (1768).

e 11 faut pardonner au lion sil ne connaissait pas Noé. Les Juifs sonl