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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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NOTES.

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titre sacrée faculté en langue latine, et qu'ils ont eu la discrétion desupprimer en français ce mot sacrée (1760).

° En effet, le sieur lliballier, qu'on nomme ici Ribaudier, venait de fairecondamner en Sorbonne M. Marmontel, pour avoir dit que Dieu pour-rait bien avoir fait miséricorde à Titus, à Trajan, à Marc-Aurèle. Ce Iti-ballier est un peu dur (1771).

d On ne peut trop répéter que la Sorbonne lit le panégyrique du Jaco-bin Jacques Clément, assassin de Henri III, étudiant en Sorbonne; etque dune voix unanime elle déclara Henri III déchu de tous ses droitsil la royauté, et Henri IV incapable de régner.

Il est clair que, selon les principes cent fois élalés alors par cette faculté,lassassin parricide Jacques Clément, quon invoquait publiquement alorsdans les églises, était dans le ciel au nombre des saints; et que HenriIII, prince voluptueux, mort sans confession, était damné. On nous dirapeut-être que Jacques Clément mourut aussi sans confession; mais il sé-lait confessé, cl même avait communié Pavant-veillc, de la main de sonprieur Bourgoing son complice, quon dit avoir été docteur de Sorbonne,et qui fut écartelé. Ainsi Clément, muni des sacrements, fut non-soule-inent saint, mais martyr. Il avait imité saint Judas, non pas Judas Isca-riote, mais Judas Machabée; sainte Judith, qui coupait si bien les télésdes amants avec lesquels elle couchait; saint Salomon, qui assassina sonfrère Adonias; saint David, qui assassina Urie, et qui en mourant or-donna quon assassinât Joab; sainte Jahel, qui assassina le capitaineSizara; saint Aod, qui assassina son roi Ëglon; et tant dautres saintsde cette espèce. Jacques Clément était dans les mêmes principes, il avaitla foi : on ne peut lui contester lespérance daller au paradis, au jar-din ; de la charité, il en était dévoré, puisquil simmolait volontaire-ment pour les rebelles. Il est donc aussi sûr que Jacques Clément estsauvé quil est sûr que Marc-Âurèle est damné (176D).

c Selon les mêmes principes, Ravaillac doit être dans le paradis, dansle jardin, et Henri IV dans ienfer qui est sous terre; car Henri IV mou-rut sans confession, et il était amoureux de la princesse de Condé : Ra-vaillac, au contraire, nétait point amoureux, et il se confessa à deuxdocteurs de Sorbonne. Voyez quelles douces consolations nous fournitune théologie qui damne à jamais Henri IV, et qui fait un élu de Ravail-lac et de ses semblables ! Avouons les obligations que nous avons à Ri-baudier de nous avoir développé cette doctrine (1769).

f M. Caille a sans doute accolé ccs deux noms pour produire le con-traste le plus ridicule. On appelle communément à Paris un Fréron toutgredin insolent, tout polisson qui se mêle de faire de mauvais libellespour de largent. Et M. Caille oppose un de ces faquins de la lie du peuple,qui reçoit lextrême-onction sur son grabat, au grand Turenne, qui futtué dun coup de canon sans le secours des saintes huiles, dans le tempsquil était amoureux de madame de Coetquen. Cette noie rentre dans laprécédente, et sert à eonlirmer lopinion théologique qui accorde la pos-session du jardin au dernier malotru couvert dinfamie, et qui la refuseaux plus grands hommes et aux plus vertueux de la terre (1769).

On a prétendu que Turenne avait quitté dès 1670 madame de Coet-quen , qui le sacrifiait au chevalier de Lorraine ; mais il aima toujours lesfemmes à la fureur. Ce grand homme, qui, avec des talents militaires dupremier ordre et une âme héroïque, avait un esprit peu éclairé et un ca-