NOTES.
* On (lit qu’un écrivain, nommé M. de Bury, a fait une Histoire deHenri IP, dans laquelle ce héros est un homme très-médiocre. On ajoutequ’il y a dans Paris une petite secte qui s’élève sourdement contre lagloire de ce grand homme. Ces messieurs sont bien cruels envers sa pa-trie : qu’ils songent combien il est important qu’on regarde comme unêtre approchant de la divinité un prince qui exposa toujours sa vie poursa nation, et qui voulut toujours la soulager. Mais il avait des faiblesses.Oui, sans doute; il était homme ; mais béni soit celui qui a.dit que sesdéfauts étaient ceux d’un homme aimable, et ses vertus celles d’un grandhomme! Plus il fut la victime du fanatisme, plus il doit être presqueadoré par quiconque n’est pas convulsionnaire.
Chaque nation, chaque cour, chaque prince a besoin de se choisir unpatron pour l’admirer et pour l’imiter. Eh! quel autre choisira-t-on quecelui qui dégageait ses amis aux dépens de son sang dans le combat deFontaine-Française; qui criait, dans la victoire d’Ivry : « Épargnez les« compatriotes! » et qui, au faîte de la puissance et de la gloire, disait àson ministre : « Je veux que le paysan ait une poule au pot tous les di-« manches? » (1769).
b II est nécessaire de dire au public, qui l’a oublié, qu’un nommé Ri-ballier, principal du collège Mazarin, et un régent nommé Cogé, s’étantavisés d’être jaloux de l’excellent livre moral de Bélisaire, cabalèrentpendant un an pour le faire censurer par ceux qu’on appelle docteursde Sorbonne. Au bout d’un an, ils firent imprimer cette censure en latinet en français; elle n’est cependant ni française ni latine; le titre mêmeest un solécisme : Censure de la faculté de théologie contre le livre, etc.On ne dit point censure contre, mais censure de. Le public pardonne àla faculté de ne pas savoir le français ; on lui pardonne moins de ne passavoir le latin. Determinatio sacrœ facultatis in libellum, est une ex-pression ridicule. Determinatio ne se trouve ni dans Cicéron, ni dansaucun bon auteur; determinatio in est un barbarisme insupportable; etce qui est encore plus barbare, c’est d’appeler Bélisaire un libelle, enfesant un mauvais libelle contre lui.
Ce qui est encore plus barbare, c’est de déclarer damnés tous les grandshommes de l’antiquité qui ont enseigné et pratiqué la justice. Celteabsurdité est heureusement démentie par saint Paul (Épit. aux Romains,ch. xi, t 14) qui dit expressément dans son épitre aux Juifs tolérés àRome : « Lorsque les gentils qui n’ont point la loi font naturellement ce« que la loi commande, n’ayant point notre loi, ils sont loi à eux*mc~« mes. » Tous les honnêtes gens de l’Europe et du monde entier ont del’horreur et du mépris pour cette détestable ineptie qui va damnant toutel’antiquité. 11 n’y a que des cuistres sans raison et sans humanité quipuissent soutenir une opinion si abominable et si folle, désavouée mêmedans le fond de leur cœur. Nous ne prétendons pas dire que les docteursde Sorbonne sont des cuistres, nous avons pour eux une considérationplus distinguée; nous les plaignons seulement d’avoir signé un ouvragequ’ils sont incapables d’avoir fait, soit en français, soit en-latin.
Remarquons, pour leur justification, qu’ils* se sont intitulés dans le