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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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LES DEUX SIECLES.

Les Petites-Maisons, toujours jétudie,

Valent bien la Sôrbonne et sa théologie. »

Ainsi sur le Pont-Neuf, parmi les charlatans,Léchappé de Genève ameute les passants,

Grimpé sur les tréteaux qui jadis dans AthèneAvaient servi de loge au chien de Diogène.

Si la philosophie a pris ce noble essor,

Lhistoire sous nos mains va sembellir encor.

Des riens approfondis dans un long répertoire,

Sans éclairer lesprit, surchargent la mémoire.

Allons, poudreux valets dinsolents imprimeurs,Petits abbés crottés, faméliques auteurs,Ressassez-moi Pétau, copiez-moi du Cange ;

De tous nos vieux écrits compilez le mélange.

Servez dantiques mets, sous des noms empruntés,

A lappétit mourant des lecteurs dégoûtés.

Mais surtout écrivez en prose poétique ;

Dans un style ampoulé parlez-moi de physique ;Donnez du gigantesque ; étourdissez les sots.

Si vous ne pensez pas, créez de nouveaux mots ;

Et que votre jargon, digne en tout de notre âge,

Nous fasse de Racine oublier le langage.

Jadis en sa volière un riche curieuxRassembla des oiseaux le peuple harmonieux ;

Le chantre de la nuit, le serin, la fauvette,

De leurs sons enchanteurs égayaient sa retraite:

Il eut soin décarter les lézards et les rats.

Ils nosaient approcher : ce temps ne dura pas.

Un nouveau maître vint. Ses gens se négligèrent ;

La volière tomba ; les rats sen emparèrent.

Ils dirent aux lézards : « Illustres compagnons,

Les oiseaux ne sont plus, et cest nous qui régnons. »

NOTE.

« On a déjà vu que Jean-Jacques Rousseau le Genevois savisa décrire,dans une lettre à monsieur l'archevêque de Paris, que lEurope aurait lui élever une statue, à lui Jean-Jacques (1771).