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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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NOTES.

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fications de lui-même. Il ny a donc dans lunivers quune seule substance.Voilà le spinosisme, le stratonisme tout pur. Et Malebranche pousse lesillusions quil se fait à lui-même jusquà vouloir autoriser son systèmepar des passages de saint Paul et de saint Augustin.

Je no dis pas que ce savant prêtre de lOratoire lût spinosiste, à Dieune plaise! je dis qu'il servait dun pial dont un spinosiste aurait mangétrès-volontiers. On sait que depuis il sentretint familièrement avec leVerbe. Eh ! pourquoi avec le Verbe plutôt quavec le Saint-Esprit? Maiscomme il ny avait personne en tiers dans la conversation, nous ne ren-drons point compte de ce qui sest dit; nous nous contentons de plaindrelesprit humain, de gémir sur nous-mêmes, et dexhorter nos pauvresconfrères les hommes à lindulgence (1772).

*»» Il faut avouer que ce système, qui suppose que lÈtre tout-puissantet tout bon a créé exprès des millions de milliards dêtres raisonnableset sensibles, pour en favoriser quelques douzaines, et pour tourmentertous les autres à tout Jamais, paraîtra toujours un peu brutal à qui-conque a des mœurs douces (1772).

n Notre âme étant simple (car on suppose que son existence et sasimplicité sont prouvées ), elle peut résider dans létoile du nord ou dupetit Chien, et notre corps végéter sur ce globe. Lâme a des idées-huut, et notre corps fait ici les fonctions correspondantes à ces idées,à peu près comme un homme prêche, tandis quun autre fait les gestes;ou plutôt lâme est lhorloge, et le corps sonne ici les heures, li y a desgens qui ont étudié cela sérieusement; et linventeur de ce système estcelui qui a disputé contre Newton, et qui peut même avoir eu raisonsur quelques points.

Quant aux monades, tout être physique étant composé doit être unrésultat (Vôtres simples ; car dire quil est fait dêtres composés, cest nerien dire. Des monades sans parties et sans étendue font donc létendueet les parties ; elles rfont ni lieu, ni figure, ni mouvement, quoiquellesconstituent des corps qui ont ligure et mouvement dans un lieu.

Chaque monade doit être différente dune autre, sans quoi ce seraitun double emploi.

Chaque monade doit avoir du rapport avec toutes les autres, parce-quil y a entre les corps dont ces monades font lassemblage une unionnécessaire. Ces rapports entre ces monades simples, inétendues, ne peu-vent être que des idées, des perceptions. Il ny a pas de raison pour la-quelle une monade, ayant des rapports avec une de ses compagnes, nenail pas avec toutes. Chaque monade voit donc toutes les autres, et parconséquent est un miroir concentrique de lunivers. 11 y a un payscela sest enseigné dans des écoles à des gens qui avaient de la barbe aumenton (1772).

o On a fait assez connaître lidee daller disséquer des cervelles de Pa-tagons, pour voir la nature de Pâme; dexaminer les songes, pour sa-voir comment on pense dans la veille; denduire les malades de poix ré-sine, pour empêcher lair de nuire; de creuser un trou jusquau centrede la terre, pour voir le feu central. Et ce quil y a de déplorable, cestque ces folies ont causé des querelles et des infortunes (1772).

v Ou connait aussi le système vraisemblable par lequel la mer a forméles moutagnes, et la terre est de verre ; mais celui- na encore rien defuneste. Certes ceux qui ont inventé la charrue, la uarcltc, et les pou-