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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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NOTES.

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traire, tout le momie est jaloux en secret ; et voilà pourquoi tous lesSens de lettres, méprisés quand ils noul pas réussi, ont été persécutésdès quils ont eu de la réputation ( 1772.)

Q II ny a pas longtemps que les jeunes conseillers allaient au tribu-nal les cheveux étalés et poudrés de blanc, ou blanc poudrés ( 1772).

f LEurope est pleine de gens qui, ayant perdu leur fortune, veu-lent faire celle de leur patrie ou de quelque État voisin. Ils présententaux ministres des mémoires qui rétabliront les affaires publiques en peude temps; et en attendant ils demandent une aumône quon leur re-fuse. Bois-Guillebert, qui écrivit contre le grand Colbert, sélait ruiné.Celui qui a imprimé le Moyen denrichir lEtat, sous le nom du comtede Boulainvilliers, est mort à lhôpital. Le petit la Jonehère, qui adonné tant ;dargent au roi en quatre volumes, demandait laumône.Telles sont les gens qui enseignent lart de senrichir par le commerceaprès avoir fait banqueroute, et ceux qui font le tour du monde sanssortir de leur cabinel, et ceux qui, nayant jamais possédé une charrue,remplissent nos greniers de froment. Dailleurs la littérature ne sub-siste presque plus que d'infâmes plagiats ou de libelles. Jamais cetteprofession si belle na été ni si universelle ni si avilie ( 1772 ).

g La Fronde en effet était fort plaisante, si Ton ne regarde que sesridicules. Le président leCogneux, qui chasse de chez lui son lils lecélèbre Bachaumont, conseiller au parlement, pour avoir opiné en fa-veur de la cour, et qui fait mettre ses chevaux dans la rue ; Bachaumontqui lui dit : Mon père, mes chevaux nont pas opiné, et qui, de raille-rie en raillerie, fait boire son père à la santé du cardinal Ma/.arin,proscrit par le parlement; le gentilhomme ami du coadjuteur qui vientpour le servir dans la guerre civile, et qui, trouvant un de ses cama-rades chez ce prélat, lui dit : Il nest pas juste que les deux plus grandsfous du royaume servent sous le même drapeau, il faut se partager, jevais chez le cardinal Mazarin ; et qui en effet va de ce pas battre lestroupes auxquelles il était venu se joindre : ce même coadjuteur quiprêche, "et qui fait pleurer des femmes ; un de ses convives qui leur di t :Mesdames, si vous saviez ce quil a gagné avec vous, vous pleureriez biendavantage ; ce même archevêque qui va au parlement avec un poignard,et le peuple qui crie : Cest sou bréviaire ! et toutes les expéditions de cetteguerre méditées au cabaret, et les bons mots, et les chansons qui ne fi-nissaient point; tout cela serait bon sans doute pour un opéra-comique.Mais les fourberies, les pillages, les rapines, les scélératesses, les assas-sinats, les crimes de toute espèce dont ces plaisanteries étaient accom-pagnées, formaient un mélange hideux des horreurs de la Ligue et desfarces dArlequin. Et cétaient des gens graves, des paires conscripliqui ordonnaient ces abominations et ces ridicules. Le cardinal de Retzdit, dans ses Mémoires, « que le parlement fesait par des arrêts la guerre« civile, quil aurait condamnée lui-même par les arrêts les plus san-« glants. »

Lauteur que je commente avait peint cette guerre do singes dans leSiècle de Louis XIV; un de ces magistrats qui, ayant acheté leurs char-ges quarante ou cinquante mille francs, se croyaient en droit de parlerorgueilleusement aux lettrés, écrivit à lauteur que messieurs pourraientle faire repentir davoir dit ces vérités, quoique reconnues. 11 lui ré-pondit : « Un empereur de la Chine dit un jour à Thistoriographe de