60
NOTES.
« l’empire : Je suis averti que vous mettez par écrit mes fautes ; trem~« blez. L’historiographe prit sur-le-champ des tablettes. Qu’osez-vous« écrire là? —Cèque votre majesté vient de me dire. L’empereur se« recueillit, et dit : Écrivez tout, mes fautes seront réparées. » ( 1772 ).
a On connaît le fanatisme des convulsions de Saint-Médard, qui du-rèrent si longtemps dans la populace, et qui furent entretenues par leprésident Dubois, le conseiller Carré, et d’autres éncrgumènes. La terrea été mille fois inondée de superstitions plus affreuses, mais jamais iln’y en eut de plus sotte et de plus avilissante. L’histoire des billets deconfession et l’expulsion des jésuites succédèrent bientôt à ces facéties.Observez surtout que nous avons une liste de miracles opérés par cesmalheureux, signée de plus de cinq cents personnes. Les miracles d’Es-culape, ceux de Vespasifen, et d’Apollonius de Thyane, etc., n’ont pasété plus authentiques ( 1772).
î Si une horloge prouve un horloger, si un palais annonce un archi-tecte , comment en effet l’univers ne démontre-t-il pas une intelligencesuprême ? Quelle plante, quel animal, quel élément, quel astre ne portepas l’empreinte de celui que Platon appelait l’éternel géomètre? limesemble que le corps du moindre animal démontre une profondeur etune unité de dessein qui doivent à la fois nous ravir en admiration, etatterrer notre esprit. Non-seulement ce chétif insecte est une machinedont tous les ressorts sont faits exactement l’un pour l’autre; non-seu-lement il est né, mais il vit par un art que nous ne pouvons ni imiterni comprendre; mais sa vie a un rapport immédiat avec la nature en-tière, avec tous les éléments, avec tous les astres dont la lumière se faitsentir à lui. Le soleil le réchauffe, et les rayons qui partent de Si-rius, à quatre cent millions de lieues au delà du soleil, pénètrent dansses petits yeux, selon toutes les règles de l’optique. S’il n’y a pas làimmensité et unité de dessein qui démontrent un fabricateur intel-ligent, immense, unique, incompréhensible, qu’on nous démontredonc le contraire; mais c’est ce qu’on n’a jamais fait. Platon, Newton,Locke, ont été frappés également de cette grande vérité. Ils étaient théis-tes, dans le sens le plus rigoureux et le plus respectable.
Des objections ! on nous en fait sans nombre : des ridicules ! on croitnous en donner en nous appelant cause-ünaliers; mais des preuves con-tre l’existence d’une intelligence suprême, on n’en a jamais apporté au-cune. Spinosa lui-même est forcé de reconnaître cette intelligence; etVirgile avant lui, et après tant d’autres, avait dit : Mens agitai moiem.C’est ce Mens agilat moiem qui est le fort de la dispute entre les athéeset les théistes, comme l’avoue le géomètre Clarke dans son livre de l’ex is-tence de Dieu ; livre le plus éloigné de notre bavarderie ordinaire, livrele plus profond et le plus serré que nous ayons sur cette matière, livreauprès duquel ceux de Platon ne sont que des mots, et auquel je nepourrais préférer que le naturel et la candeur de Locke ( 1772).
j Fleury, célèbre par ses excellents discours, qui sont d’un sageécrivain et d’un citoyen zélé, connu aussi par son Histoire ecclésiastique ,qui ressemble trop en plusieurs endroits à la Légende dorée ( 1772 ).
k Ce consul Maillet fut un de ces charlatans dont on a dit qu’ils vou-laient imiter Dieu, et créer un monde avec la parole. C’est lui qui, abu-sant de l’histoire de quelques bouleversements avérés, arrivés dans ceglobe, prétend que les mers avaient formé les montagnes, et que ies