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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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NOTES.

« lempire : Je suis averti que vous mettez par écrit mes fautes ; trem~« blez. Lhistoriographe prit sur-le-champ des tablettes. Quosez-vous« écrire?Cèque votre majesté vient de me dire. Lempereur se« recueillit, et dit : Écrivez tout, mes fautes seront réparées. » ( 1772 ).

a On connaît le fanatisme des convulsions de Saint-Médard, qui du-rèrent si longtemps dans la populace, et qui furent entretenues par leprésident Dubois, le conseiller Carré, et dautres éncrgumènes. La terrea été mille fois inondée de superstitions plus affreuses, mais jamais ilny en eut de plus sotte et de plus avilissante. Lhistoire des billets deconfession et lexpulsion des jésuites succédèrent bientôt à ces facéties.Observez surtout que nous avons une liste de miracles opérés par cesmalheureux, signée de plus de cinq cents personnes. Les miracles dEs-culape, ceux de Vespasifen, et dApollonius de Thyane, etc., nont pasété plus authentiques ( 1772).

î Si une horloge prouve un horloger, si un palais annonce un archi-tecte , comment en effet lunivers ne démontre-t-il pas une intelligencesuprême ? Quelle plante, quel animal, quel élément, quel astre ne portepas lempreinte de celui que Platon appelait léternel géomètre? limesemble que le corps du moindre animal démontre une profondeur etune unité de dessein qui doivent à la fois nous ravir en admiration, etatterrer notre esprit. Non-seulement ce chétif insecte est une machinedont tous les ressorts sont faits exactement lun pour lautre; non-seu-lement il est, mais il vit par un art que nous ne pouvons ni imiterni comprendre; mais sa vie a un rapport immédiat avec la nature en-tière, avec tous les éléments, avec tous les astres dont la lumière se faitsentir à lui. Le soleil le réchauffe, et les rayons qui partent de Si-rius, à quatre cent millions de lieues au delà du soleil, pénètrent dansses petits yeux, selon toutes les règles de loptique. Sil ny a pasimmensité et unité de dessein qui démontrent un fabricateur intel-ligent, immense, unique, incompréhensible, quon nous démontredonc le contraire; mais cest ce quon na jamais fait. Platon, Newton,Locke, ont été frappés également de cette grande vérité. Ils étaient théis-tes, dans le sens le plus rigoureux et le plus respectable.

Des objections ! on nous en fait sans nombre : des ridicules ! on croitnous en donner en nous appelant cause-ünaliers; mais des preuves con-tre lexistence dune intelligence suprême, on nen a jamais apporté au-cune. Spinosa lui-même est forcé de reconnaître cette intelligence; etVirgile avant lui, et après tant dautres, avait dit : Mens agitai moiem.Cest ce Mens agilat moiem qui est le fort de la dispute entre les athéeset les théistes, comme lavoue le géomètre Clarke dans son livre de lex is-tence de Dieu ; livre le plus éloigné de notre bavarderie ordinaire, livrele plus profond et le plus serré que nous ayons sur cette matière, livreauprès duquel ceux de Platon ne sont que des mots, et auquel je nepourrais préférer que le naturel et la candeur de Locke ( 1772).

j Fleury, célèbre par ses excellents discours, qui sont dun sageécrivain et dun citoyen zélé, connu aussi par son Histoire ecclésiastique ,qui ressemble trop en plusieurs endroits à la Légende dorée ( 1772 ).

k Ce consul Maillet fut un de ces charlatans dont on a dit quils vou-laient imiter Dieu, et créer un monde avec la parole. Cest lui qui, abu-sant de lhistoire de quelques bouleversements avérés, arrivés dans ceglobe, prétend que les mers avaient formé les montagnes, et que ies