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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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NOTES.

a Tactique vient originairement (lu verbe tassu, jarrange. Tactiqueest proprement iarl daller par rangs; cest larrangement des troupes.Cest ce qui lit que Pyrrhus, en voyaut le camp des Romains, ne lestrouva pas si barbares (1775).

b on ne sait encore qui employa le premier les canons dans les batailleset dans les sièges. Une invention qui a changé entièrement lart de laguerre, dans toute la terre connue, méritait plus de recherches; maispresque toutes les origines sont ignorées. Qui le premier inventa un ba-teau? qui imagina de plier une branche de frêne, de lassujettir avec unecorde faite dun intestin danimal, et dy ajuster une verge garnie dunos ou dun fer pointu à un bout, et de quatre plumes à lautre bout?qui inventa la navette, les fours, les moulins? De cette prodigieuse mul-titude darts qui secourent notre vie ou qui la détruisent, il ny en a pasun dont linventeur soit connu. Cest que personne ninventa lart entier.Les architectes ne sont venus que des milliers de siècles après les caver-nes et les huttes.

Les Chinois connaissaient la poudre inflammable, et la fesaient servirà leurs divertissements ingénieux, à leurs fêtes, deux mille ans avantque les jésuites Sliall et Verbiest fondissent du canon pour les conqué-rants taptares, vers Tan Iü30. Ce furent donc deux religieux allemandsqui enseignèrent lusage de lartillerie dans cette vaste partie du monde,comme ce fut, dit-on, un autre Allemand, nommé Schwartz, ou moinenoir, qui trouva le secret de la poudre inflammable au quatorzième siècle,sans quon ait jamais su Tannée de cette invention.

On a prétendu que Roger Bacon, moine anglais, antérieur denvironcent années au moine allemand, était le véritable inventeur de la poudre.Nous avons rapporté ailleurs les paroles de ce Roger, qui se trouvent

dans son Opus majus, page 454, grande édition dOxford. « Nous

n avons une preuve des explosions subites dans ce jeu denfants quon« fait par tout le monde. On enfonce du salpêtre dans une balle de l a« grosseur dun pouce, et on la fait crever avec un bruit si violent quelle« surpasse le rugissement du tonnerre, et il en sort une plus grande« exhalaison de feu que celle de la foudre. »

Il y a bien loin sans doute de cette petite boule de simple salpêtre ànotre artillerie, mais elle a pu mettre sur la voie.

Il paraît quil est très-faux que les Anglais eussent employé le canondans leur victoire de Crécy en laie, et dans celle de Poitiers dix ans après.Les actes de la Tour de Londres, recueillis par Rymer, en diraient quel-que chose.

Plusieurs de nos historiens ont assuré quil existe encore, dans la villedAmberg du haut Palatinat, un canon fondu en 1301, et que cette dateest encore gravée sur la culasse.

Et voilà justement comme on écrit lhistoire.

On écrivait et on imprimait à Paris cette erreur avec tant dassurance,que je lis écrire à M. le comte de Holstein de Bavière, gouverneur dupays dAmberg. 11 donna un certificat authentique quun fondeur de ca-nons , nommé Martin, assez fameux pour son temps, était mort en 1501.