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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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LA TACTIQUE.

Et vous jugiez en paix les taleuts des acteurs.

Hélas ! quauriez-vous fait, vous, et tous les auteurs ,Quaurait fait tout Paris, si Louis, en personne,

Neût passé, le matin, sur le pont de Calonne ;

Et si tous vos césars à quatre sous parjourNeussent bravé lAnglais, qui partit sans retour ?

Vous savez quel mortel, amoureux de la gloire,

Avec quatre canons ramena la victoire.

Ce fut au prix du sang du généreux Grammont,

Et du sage Lutteaux, et du jeune Craon,

Que de vos beaux esprits les bruyantes cohuesComposaient les chansons qui couraient dans les rues ;Ou quils venaient gaiement, avec un ris malin ,

Siffler Sémirarnu , Mérope, et lOrphelin.

Ainsi que le dieu Mars, Apollon prend les armes.LÉglise, le barreau, la cour, ont leurs alarmes.

Au fond dun galetas, Clément et Savatier cFont la guerre au bon sens sur des tas de papier.Souffrez donc quun soldat prenne au moins la défenseDun art qui fit longtemps la grandeur de la France,

Et qui des citoyens assure le repos. »

Monsieur Guibert se tut après ce long propos :

Moi, je me tus aussi, nayant rien à redire.

De la droite raison je sentis tout lempire ;

Je conçus que la guerre est le premier des arts,

Et que le peintre heureux des Bourbons, des Bayards s,Eu dictant leurs leçons, était digne peut-êtreDe commander déjà dans lart dont il est maître.

Mais, je vous lavouerai, je formai des souhaitsPour que ce beau métier ne sexerçât jamais ,

Et quenfin léquité fit régner sur la terreL'impraticable paix de labbé de Saint-Pierre 11 .