NOTES.
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phyre, d’Aristote, de Juvénal, et du Pentateuque; ce n’est point parcequ’après le déluge il fut défendu de manger les animaux avec leur âmeet leur sang, comme le rapporte Barbeirac son commentateur; ce n’estpoint, en un mot, par tous les arguments profondément frivoles deGrotius etdePuffendorf; c’est uniquement parce qu’on ne voit plus parminous des hordes sauvages et affamées sortir de leur pays pour en allerdétruire un autre. Nos peuples ne font plus la guerre. Des rois, des évê-ques, des électeurs, des sénateurs, des bourgmestres, ont un certainterrain à défendre. Des hommes qui sont leurs troupeaux paissent dansce terrain. Les maîtres ont pour eux la laine, le lait, la peau, et lescornes, avec quoi ils entretiennent des chiens armés d’un collier, pourgarder le pré, et pour prendre celui du voisin dans l’occasion. Ces chiensse battent; mais les moutons, les bœufs, les ânes, ne se battent pas : ilsattendent patiemment la décision, qui leur apprendra à quel maître leurlait, leur laine, leurs cornes, leur peau, appartiendront.
Quand le prince Eugène assiégeait Lille, les dames de la ville allèrentà la comédie pendant tout le siège; et dès que la capitulation fut faite ,Je peuple paya tranquillement à l’empereur ce qu’il payait auparavantau roi de France. Point de pillage, point de massacre, point d’es-clavage, comme du temps des Huns, des Alains, des Visigoths, desFrancs.
Le duc de Marlborough fesait garder très-soigneusement tous les do-maines de ce Fénelon, archevêque de Cambrai, citoyen de toute l’Eu-rope par son amour du genre humain ; amour plus dangereux peut-êtreà sa cour que son amour de Dieu.
Quand les Français eurent remporté la célèbre victoire de Fonlenoy,tous les habitants de Tournay et des environs s’empressèrent de loger chezeux les prisonniers blessés ; tous eurent soin d’eux comme de leurs frères,et les femmes prodiguèrent tant de délicatesses sur leurs tables, que lesmédecins et les chirurgiens furent obligés de modérer cet excès de zèle,devenu dangereux.
A Rosbach, on vit le roi de Prusse lui-même acheter tout le linge d’unchâteau voisin pour le service de nos blessés; et quand il les eut faitguérir, il les renvoya sur leur parole, en disant : « Je ne puis m’accou-« tumer à verser le sang des Français. »
Quelle humanité, quelle belle âme le prince héréditaire de Brunswickne déploya-t-il pas, lorsqu’il reçut prisonnier à Crevelt ce comte de Gi-sors, ce lils du maréchal de Belle-Isle, cet espoir du royaume, ce jeunehomme si valeureux, si instruit, si aimable! Le prince de Brunswickne sortit point d’auprès de son lit, et le baigna de larmes, en le voyantexpirer entre ses bras. Il pleurait celui des Français auquel il ressemblaitdavantage.
Portons nos regards chez cette nation nouvelle qui naît tout d’uncoup pour être l’émule des plus policées, et l’exemple des autres. Voyonsun comte Alexis Orlof prendre un vaisseau turc chargé des femmes,des esclaves, des meubles, de l’or, de l’argent, des bijoux, du plus richehacha de la Turquie, et lui renvoyer tout à Constantinople. Ce même1 tacha, quelque temps après, commande un corps d’armée contre lesRusses; il s’avance hors des rangs avec un interprète, et demande à par-ler. «Avez-vous, dit-il, à votre tète un comte Orlof? — Non; que lui« voudriez-vous? — Me jeter à ses pieds, » répliqua le Turc.